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Baladislam

Terre d'IslamVous guide vers le chemin de la vérité


Chapitre 25 Le devoir de restituer le dépôt

Publié par Baladislam sur 24 Mars 2011, 23:03pm

Catégories : #Hadiths

Fond écran islam coran (39)

 

Dieu le Très-Haut dit :

 

Certes, Dieu vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit. Coran 4/58

 

En vérité, Nous avons proposé le dépôt de la foi aux Cieux, à la Terre et aux montagnes, mais tous refusèrent d'en assumer la responsabilité et en furent effrayés, alors que l'homme, par comble d'ignorance et d'iniquité, s'en est chargé. Coran 33/72

 

199. Selon Ab$u Hurayra, le Prophète (Saw) a dit : Les signes qui distinguent l'hypocrite sont au nombre de trois: « Lorsqu'il relate, il ment ; lorsqu'il promet, il ne tient pas sa promesse et lorsqu'on lui confie un dépôt, il le trahit. » [Bukhari et Muslim]

 

Dans une autre version, nous avons: « Même s'il pouvait jeuner, accomplir la Salat et se prétendre musulman. »

 

Ce qu'il faut retenir :

 

Celui qui rassemble ces trois signes est considéré comme hypocrite dans sa pratique. Cependant, il faut qu'il prenne garde à ce que cette hypocrisie ne le mène pas à une hypocrisie dans la croyance également.

 

200.Hudhayfa ibn al-Yaman rapporte : Le Prophète (Saw) nous a relaté deux évènements dont le premier s'est déjà réalisé; quant au second, j'attends sa réalisation. Il nous a dit que le dépôt (de la foi) s'était enraciné dans le cœur des hommes. Ensuite, le Coran a été révélé, ils apprirent alors (le dépôt) du Coran et de la Sunna. Puis il nous informa sur la façon dont sera retiré ce dépôt, il dit : « L'homme s'endormira un moment et le dépôt lui sera retire de son cœur, en ne laissant qu'une légère trace. Puis il s'endormira à nouveau et le dépôt lui sera retiré de son cœur, en laissant une trace semblable à la cloque, telle une braise que tu aurais laissé tomber sur ton pied, créant ainsi une cloque. Cette dernière te paraitra proéminente mais, en vérité, elle sera vide (il prit alors un caillou qu'il laissa glisser sur son pied). Les gens contracteront des engagements, mais tu ne trouveras pratiquement personne pour les respecter, au point que l'on dira: "II y a, dans telle tribu, un homme fidèle à ses engagements." On lui dira : "Comme il est robuste ! Comme il est courtois! Comme il est sensé !", alors qu'il n'aura même pas le moindre atome de foi. » [Hudhayfa poursuit :] il fut un temps où je ne me souciais pas de savoir avec lequel d'entre vous je contractais un engagement. S'il était musulman, sa religion était pour moi signe de garantie et s'il était juif ou chrétien, c'était son gouverneur qui en était garant. A présent, je ne contracterai d'engagement qu'avec untel et untel. [Bukhari et Muslim]

 

Ce qu'il faut retenir :

 

AI-amana traduit, ici, par « dépôt» est la préservation de ce que Dieu nous a octroyé. La sincérité dans les relations humaines, la restitution des dépôts aux ayants droit, disparaitront au fur et à mesure du temps, jusqu'à ce que ces qualités ne se retrouvent que chez quelques individus isolés. Les musulmans doivent y prendre garde ainsi qu'au fait de ne sauvegarder que les apparences et à négliger l'intimité de notre cœur.

 

201, Selon Hudhayfa et Abu Hurayra, le Prophète (saw) a dit : « Dieu -Béni et Exalté- rassemblera les gens (le jour de la Résurrection). Les croyants se lèveront et le Paradis leur sera rapproché. Ils iront trouver Adam et lui diront : "O notre père! Demande qu'on nous ouvre l'accès au Paradis." il répondra alors: "Et qu'est-ce qui vous a fait sortir du Paradis si ce n' est le péché commis par votre père ?Je ne suis pas digne de cela, adressez-vous donc plutôt à mon fils Abraham, l'ami intime de Dieu." Ils iront alors trouver Abraham, ce dernier dira : "Je ne suis pas digne de cela, allez plutôt trouver Moïse, celui à qui Dieu a parlé directement." Ils iront trouver Moïse qui leur dira: "Je ne suis pas digne de cela, adressez-vous à Jesus, Verbe et Esprit de Dieu." Jésus dira : "Je ne suis pas digne de cela." lis iront alors trouver Muhammad (saw) qui se lèvera et à qui on permettra [l'intercession]. Le dépôt et les liens de parenté se tiendront de part et d'autre du pont (sirat). Le premier d'entre vous traversera ce pont à la vitesse de l'éclair. » Je dis alors au Prophète : « Toi qui m'es plus cher que père et mère, comment peut-on se représenter la vitesse de l'éclair? » Le Prophète répondit : « Ne voyez-vous pas comment l'éclair traverse (le ciel) en un clin d'œil ? Le suivant traversera le pont à la vitesse du vent, un autre à la vitesse d'un oiseau. La vitesse a laquelle les hommes traverseront le pont sera fonction de leurs œuvres. Votre Prophète se tiendra près du pont en disant : "Seigneur, préserve-les! Préserve-les !", jusqu'à ce que les œuvres des gens ne leur suffiront plus (afin de passer le pont). C'est alors qu'un homme ne pourra avancer qu'en rampant. De chaque coté du pont, seront accrochées des pinces chargées de saisir ceux qui leur sont désignés. Certains seront griffes de ces pinces mais en rechaperont finalement. D'autres seront jetés et entassés dans le Feu. Par Celui qui tient l'âme d'Abu Hurayra dans Sa Main, la profondeur de l'Enfer équivaut à une distance de soixante-dix années de marche." » [Muslim]

 

La faveur du Prophète Muhammad (saw) sur les autres prophètes et la place éminente qu'il occupe auprès de Dieu. Alors que chacun ne pensera qu'à lui-même le jour de la Résurrection, le Prophète (saw) pensera à chaque personne de sa communauté et implorera Dieu en sa faveur. II sera l'intercesseur par excellence, aidé par les actes des croyants, notamment ici les liens de parenté qui se tiendront debout de chaque coté du pont pour aider ceux qui les auront respectés.

 

202. Abu Khubayb 'Abdullah ibn az-Zubayr a dit : Lorsque Zubayr s'apprêta à participer à la baraille du Chameau, il m'appela et je me rendis alors auprès de lui. Il me dit : « Mon fils, ne sera tué en ce jour que le juste ou l'injuste, et je me vois aujourd'hui être tué injustement. Mon plus grand souci est ma dette. Ne penses-tu pas que l'acquittement de ma dette vous laissera quelque chose de mes biens? » Puis il ajouta : « Mon fils, vends nos biens et recouvre ma dette. » Il légua le tiers restant de ses biens et le tiers du tiers aux enfants de 'Abdullah ibn Zubayr. Il poursuivit alors : « Si, après le règlement de ma dette, il reste quelque chose de nos biens, accordes-en le tiers à tes enfants. » Hisham dit : « Certains enfants de 'Abdullah avaient atteint le même âge que celui de deux enfants parmi ceux de Zubayr : Khubayb et 'Abbid. Zubayr avait neuf fils et neuf filles. » 'Abdullah dit : « Il me fit des recommandations concernant sa dette en ces termes : "Mon fils, si tu ne peux combler une partie de cette dette, demande alors l'aide de mon Maitre. » Ibn Zubayr dit alors : « Par Dieu ! Je ne compris pas ce qu'il voulait dire et je lui demandai : "Mon père, qui est donc ton Maitre ?" Il me répondit : "C'est Dieu." Par Dieu ! A chaque fois que sa dette me causait du souci, je m' adressais à Dieu en ces termes ; "0 Maitre de Zubayr ! Recouvre sa dette !" Et sa dette se trouvait réglée. » Zubayr, à sa mort, n' a laissé ni dirham ni dinar si ce n'est des biens fonciers, dont un domaine appelé al-Ghaba ainsi que onze maisons à Medine, deux à Bassora, une a Kufa et une en Égypte. Sa dette provenait du fait qu'a chaque fois qu'un homme venait à lui pour lui confier un bien, il lui disait : « Je refuse le dépôt en tant que tel mais, par contre, je le prends comme un prêt car je crains de le dilapider. Je n'ai eu à commander ou à collecter [de l'argent à travers] l'impôt que lors des campagnes accomplies en compagnie du Prophète (Saw), d'Abu Bakr, de 'Umar, ou de 'Uthman. » 'Abdullah dit : « J'ai fait le compte de ses dettes, elles s'élevaient à deux millions et deux cent mille dirhams. » . Jakim ibn Hizam rencontra 'Abdullah ibn Zubayr et lui dit : « 0 fils de mon Frère ! A combien s'élevait la dette de mon Frère ? » Je lui cachai la réalite et lui répondis : «A cent mille dirhams. » II me dit alors : « Par Dieu !Je ne pense pas que vos biens puissent combler cela. » 'Abdullah dit alors : « Que dirais-tu si elle s'élevait à deux millions deux cent mille dirhams? » Il répondit : «Je ne pense pas que vous puissiez rembourser une telle somme. Si vous êtes dans l'incapacité de tout restituer, sollicitez-moi afin de vous aider. » Zubayr avait acheté le domaine d'al-Ghaba cent soixante-dix mille dirhams. 'Abdullah le revendit pour un million six cent mille dirhams [de cette façon] : il se leva et dit : « Que celui qui a prêté de l'argent à Zubayr vienne me rejoindre au domaine d'al-Ghaba! » 'Abdullah ibn Ja'far vint le rejoindre car Zubayr lui devait quatre cent mille dirhams. Il dit à Abdullah: « Si vous le désirez, je vous fais grâce de cette dette. » 'Abdullah refusa. 'Abdullah ibn Ja'far répliqua : « Si vous le souhaitez, je vous concède un délai de paiement. » 'Abdullah refusa de nouveau. à proposa alors : « Accordez-moi alors une part de cette terre. » 'Abdullah ibn Zubayr répondit : « La parcelle de terre qui s'étend de tel endroit à tel autre te revient. » 'Abdullah vendit donc cette partie du domaine qui lui permit de recouvrir sa dette, il lui en restait encore quatre parts et demi. Il se rendit ensuite chez Mu'awiya qui était alors en compagnie de 'Umar ibn 'Uthman, Mundhir ibn Zubayr et d'Ibn Zam'a. Mu'awiya l'interrogea : « A combien a été estimé le domaine d'al-Ghaba ?» 'Abdullah repondit : « Chaque part vaut environ cent mille dirhams. » -« Et combien en reste-t-il?», ajouta Mu'awiya. -« Quatre et demi, répondit 'Abdullah. » Mundhir ibn Zubayr dit alors : « Je t'en acheté une pour cent mille dirhams. » 'Amr ibn 'Uthman dit à son tour: « Moi aussi, je t' en prends une pour cent mille dirhams. » Et Ibn Zam'a d'ajouter : « Et moi de même. » Mu'awiya demanda alors : « Combien en reste-t-il à présent? » 'Abdullah répondit : « Une part et demi. » -« Je te l'achète pour cent cinquante mille dirhams, s' exclama Mu'awiya. » [Par la suite,] 'Abdullah ibn Ja'far revendit sa part de terrain à Mu'awiya pour six cent mille dirhams. Lorsque 'Abdullah régla sa dette, les enfants de Zubayr lui demandèrent de partager entre eux ce qui restait de l'héritage. 'Abdullah leur répondit : « Par Dieu !Je ne procéderai pas au partage jusqu'à ce que je proclame durant la saison du hajj quatre années durant: "Que celui qui a prêté de l'argent à Zubayr vienne nous le réclamer afin que nous lui donnions son dû !" » Et, effectivement, chaque année, il renouvela son appel. Une fois les quatre années écoulées, il partagea l'héritage et donna le tiers. Zubayr avait quatre femmes, à chacune d'elles revint la somme d'un million deux cent mille dirhams. Sa fortune s'élevait alors a cinquante millions deux cent mille dirhams. [Bukari]

 

Ce qu'il faut retenir :

 

Ce hadith comporte nombre d'enseignements : d'abord, il montre combien il est important de faire ses recommandations avant une séparation qui peut s'avérer définitive (lors d'une guerre ou lors d'un voyage). Ensuite, ce hadith pose le cadre et les principes éthiques que l'on doit avoir en matière d'argent et de transactions: il autorise les dettes et explique le comportement à avoir en tel cas. Il est du devoir des musulmans, avant de procéder au partage de l'héritage, de recouvrir la dette du défunt avec ce qu'il a laissé comme biens. Et la bonne intention facilite le recouvrement des dettes, comme cela s'est produit pour celles de Zubayr ibn al 'Awwam.

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