Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Baladislam

Terre d'IslamVous guide vers le chemin de la vérité


Entraves à la Stimulation du Sentiment de Foi

Publié par Baladislam sur 12 Octobre 2011, 22:00pm

Catégories : #La foi en Islam

  fond islam (87)

 

Il existe beaucoup d'entraves dans la vie des gens, empêchant les sentiments de foi de s'enflammer, de se fortifier et d'évoluer de façon utile et bénéfique. Ces entraves sont multiples et variées, mais nous avons essayé de les résumer et de trouver les liens entre chaque entrave et son origine.

 

Il convient de signaler, que ces entraves citées ici ne sont fruit de l'imagination. Elles furent toutes tirées des expériences vécues par des gens très pieux qui ont bien voulu partager leurs expériences avec nous afm que nous en tirions des leçons.

 

Par ailleurs, ces entraves constituent de vrais problèmes rencontrés perpétuellement par les prédicateurs, qui tournent en rond dans un cercle vicieux jusqu'à ce qu'ils trouvent une porte de sortie.

 

Première Entrave : Problèmes Relatifs au Soufisme

 

Cet obstacle pourrait paraître bizarre, car il est évident que les Raqâ 'iqs ont toujours été liées au soufisme. En effet, les Raqâ 'iqs sont fortement attachés au soufisme depuis longtemps pour plusieurs raisons, et on trouve que la majorité des livres sur les Raqâ 'iqs expliquent le soufisme et ses règles.

 

Depuis la fin du dixième siècle, tout musulman voulant prendre le chemin d'Allah, ne trouvait devant lui que le soufisme, au point où les savants et les auteurs se surnommaient par les confréries souties auxquelles ils appartenaient.

 

Quand la majorité de ces confréries ont dévié, durant les dernières époques, occasionnant· beaucoup d'innovations, ces innovations touchèrent aussi les Raqâ 'iqs. Et il devint de plus en plus difficile, de dissocier les innovations rejetables et les enseignements licites du soufisme.

 

Un retour historique aux quatre derniers siècles prouve de manière évidente, ce que l'on vient de dire.

 

Durant les dix dernières années du siècle précédent de l'Hégire, quand la renaissance islamique a pris de l'ampleur les gens - sauf une minorité qui a continué à tenir au soufisme - ont découvert la pure vérité et ont abandonné le soufisme en totalité à cause des innovations qu'il contient. Il va de soi que les gens en questions ici, sont les savants, les prédicateurs, les intellectuels, les décideurs et non le commun des mortels. C'est. ainsi qu'est apparu un grand danger et un mal difficile à guérir: la sécheresse de la foi, la dureté et la grossièreté. Le soufisme étant basé sur les Raqâ 'iqs, les gens qui ont abandonné le soufisme ont de facto abandonné ces attendrissants des coeurs très utiles.

 

Ainsi, chaque fois qu'ils se rappellent ou lisent sur les innovations, les superstitions, les mythes, durant les siècles précédents et leur lien avec le soufisme, leur répulsion

s'accroît, et leur hostilité augmente envers tout ce qui a trait au soufisme.

 

Si l'on observe la situation de ces gens, l'on trouvera qu'ils ont changé d'un extrême à un autre extrême, comme s'il n'y avait pas de position modérée préconisée par le Saint Coran qui dit pourtant:

 

Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous. (Al-Baqara: 143)

 

Par conséquent, la majorité des gens souffre d'une sécheresse dans l'esprit et la foi, une extinction de la croyancejamais vue auparavant, appuyée par l'énorme invasion de la civilisation matérialiste avec toute sa féroce machine médiatique, sociale et économique et la corruption que cela entraîne.

 

Il existe des aspects de ces attendrissants de coeurs qui sont fortement rattachés au soufisme, et sont devenus de ce fait des slogans représentatifs. Ce qui a amené une catégorie de gens en manque de sciences et de compréhension à rejeter et désavouer ceux qui adoptent ces Raqâ 'iqs. Ce rejet ce manifeste le plus souvent comme suit :

 

1- Désavouer l'évocation continue d'Allah, qu'Il soit Exalté

 

L'évocation d'Allah, le Tout Puissant, est l'un des éléments les plus importants des Raqâ 'iqs, qu'un grand nombre de textes dont nous citeront des exemples, approuvent bel et bien:

 

Le Prophète (prière et salut sur lui) dit: « Les Mofarridounes ont pris les premiers rangs» Les Compagnons disent: «Qui sont les Mofarridounes, ô Messager d'Allah?» Il dit: « Ceux qui invoquent Allah le plus souvent» Sahih Moslim, chapitre de l'évocation, l'invocation, le repentir et l'imploration du pardon.

 

Il dit aussi (prière et salut sur lui) : «Quiconque dit cents fois par jour: « Il n'est de dieu qu'Allah, Seul, sans associé, à Lui la royauté, à Lui la louange, c'est Lui l'Omnipotent », ces paroles lui vaudront la rétribution due à l'affranchissement de dix esclaves et cent bonnes actions lui seront prescrites, cents mauvaises actions lui seront effacées, et il sera préservé de Satan toute la journée jusqu' à ce qu'il parvienne au soir. Et nul ne lui sera égal, sauf celui qui fait plus que lui»

 

La parole prophétique « sauf celui qui fait plus que lui» est un signe clair de l'importance de l'évocation continue.

 

Lisons aussi à propos ce verset ci-après :

 

Invocateurs souvent d'Allah et invocatrices Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. (AI-Ahzâb: 35)

 

Qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allah (Âl 'Imrân: 142)

 

Ce qui prouve l'importance de l'évocation continue, ces trois situations étant les plus fréquentes des gens.

 

Le grand Tâbi'î Abou Moslim al-Khawlânî élevait la voix en glorifiant Allah même avec les enfants et il disait : « Évoque Allah jusqu'à ce que l'ignorant se dise que tu es fou »

 

D'autre part, un coiffeur dit une fois à l'un de nos prédécesseurs: « Arrête de bouger tes lèvres» Il lui répondit: «Dis au temps de s'arrêter»

 

Un homme qui coupait les moustaches de Ma'rouf alKarkhî n'y parvenait pas vu que ce dernier ne s'arrêtait pas d'invoquer Allah. Le coiffeur lui dit: « Comment pourrai-je couper convenablement (tes moustaches)?» Il lui répond: « Toi tu travailles (en coupant les moustaches) et moi je travaille (en invoquant Allah) »

 

Si je continue à raconter les histoires des prédécesseurs à ce sujet, je risque de ne jamais terliner, donc, je pense que ce qui a été dit est suffisant pour montrer le mérite de l'évocation continue d'Allah.

 

Les soufis s'activaient beaucoup dans l'évocation d'Allah et c'est à base de cette évocation qu'ils ont bâti leurs confréries et leurs Awrâds (Pluriel de Wird : Partie de Coran ou d'évocation à réciter chaque jour ou partie de la nuit réservée à la prière surérogatoire.)

 

Donc l'évocation est l'un des plus grands fondements de la confrérie et l'inculcation des préceptes aux adeptes – comme cela fut mentionné dans leurs livres. Ainsi, celui qui invoque Allah incessamment, est accusé de soufisme, et considéré comme bizarre.

 

Le plus étonnant, est qu'il est rare, même parmi les vertueux, de trouver ceux qui évoquent Allah de manière continue comme l'a ordonné notre Créateur, qu'Il soit Exalté, et Son Messager.

 

En fait, ceci est dû à des équivoques, faisant perdre aux gens beaucoup de rétributions car l'évocation n'est pas propre aux soufis.

 

D'autre part, même si nous supposons l'existence d'une relation entre l'évocation et le soufisme, n'est-il pas recommandable pour nous de prendre ce que les soufis ont de mieux et de ne pas abandonner l'évocation sous prétexte de leurs équivoques? Ne nous-a-t-il pas été ordonné de prendre ce que les gens ont de mieux, même s'ils sont mécréants? Les soufis sont des musulmans qui ont adopté des innovations qui n'annulent pas les mérites de leurs évocations à moins qu'ils y ajoutent des choses contraires aux enseignements de l'Islam.. Nous devons traiter la dureté de nos cœurs par l'évocation continue, et abreuver nos sentiments de foi en attachement à Allah, qu'Il soit Exalté, peut être nous accordera-t-Il la grâce d'adoucir nos coeurs, dans cette vie et de nous compter parmi les bénéficiaires du paradis à l'au-delà!

 

2- Désavouer les Awrâds

 

Les soufis ont donné une grande importance au Wird quotidien, ce qui mena la majorité des gens vertueux à en douter et à l'abandonner, croyant que c'est une innovation, en accord avec leur logique qui dit que tout ce qu'apportent les soufis est innovation.

 

Ce sujet a déjà été mentionné, mais il convient de dire que le Prophète, prière et salut sur lui, a recommandé de faire l'évocation en guise de Wird régulier de façon quotidienne, et a encouragé cet acte en disant: «Quiconque répète cent fois quotidiennement ces paroles: «Il n y a de dieu autre qu'Allah, Seul, sans associé, à Lui la royauté, à Lui la louange, est l'Omnipotent », ces paroles lui vaudront la rétribution due à l'affranchissement de dix esclaves et le mérite de cent bonnes actions lui seront prescrites, et il sera absout du péché de cent mauvaises actions, et il sera préservé du Satan durant toute sa journée jusqu'au soir. Et nul ne lui sera égal, sauf celui qui fait plus que lui. »

 

Ce qui prouve clairement l'importance d'observer quotidiennement le Wird.

 

Il dit aussi, prière et salut sur lui : « Celui qui dit Sobllân Allah Wa Bi Hamdih (Gloire et louange à Allah) cents fois parjour, ses fautes seraient effacées même si elles étaient autant que l'écume de la mer »

 

Concernant le repentir et l'imploration du pardon, le Messager d'Allah, dit aussi : «Ô gens! Repentez-vous à Allah, car moi, je me repends à Lui, cents fois parjour ».

 

Ces hadiths montrent qu'il est recommandé de faire le Wird, mais puisqu'il est attaché au soufisme, comme susmentionné, la majorité des gens vertueux l'ont abandonné par ignorance de son mérite, en conséquence, une grande faiblesse s'est fait sentir quant à l'observance de l'évocation et l'imploration du pardon. Les coeurs durcissant de plus en plus, le sentiment de foi s'est atténué considérablement. Par ailleurs, nos bons prédécesseurs avaient des Awrâds, qu'ils observaient sans être accusés d'innovation.

 

Voici, par exemple, ibn Sîrîn qui avait sept Awrâds, s'il manquait d'en lire une partie la nuit, il le faisait le jour? Et aussi le grand imam savant des lieux sacrés, Abou al-Qâssim Sa'd ibn Ali ibn Mohammad az-Zanjânî , quand il décida de s'installer dans les lieux sacrés, il se promis d'accomplir plus de vingt engagements en adoration. Il y resta quarante ans sans jamais faillir à ses engagements Qu'Allah nous fasse grâce de Sa miséricorde! Aujourd'hui nous luttons pour accomplir la prière du Witr ou de l'aube ou pour jeûner trois jours par mois!

 

Le sujet relatif aux Awrâd des prédécesseurs, est bien connu et ne nécessite pas de preuves, mais nous avons tenu à en mentionner quelques modèles afin que tous en tire des leçons, qu'Allah soit Satisfait d'eux, et qu'Il nous fasse atteindre leur rang.

 

3- Désavouer la dévotion fréquente

 

Quelques catégories de personnes n'ayant pas assez d'informations sur nos bons prédécesseurs, qu'Allah soit Satisfait d'eux, croient que trop de dévotion constitue une innovation, liant ce fait au soufisme d'une manière presque tyrannique. Alors qu'en réalité, il n'y a pas de rapport indissociable entre les deux, un soufi n'est pas obligatoirement très dévot, et un musulman très dévot n'est pas obligatoirement un soufi.

 

Ainsi, des vertueux contemporains, évitent de trop adorer Allah, prétendant que la modération est recommandée en Islam. Certes la modération est recommandée de peur de tomber dans la lassitude entraîné par l'excès, mais si l'on est actif et exempt de toute lassitude, à quoi servirait la modération?

 

La première génération de la communauté musulmane, et en particulier, le Prophète, sur lui prière et salut, était très dévot, il faisait la prière de la nuit jusqu'à avoir les pieds fissurés et jeûnait de manière continue durant des jours très chauds, parfois il jeûnait deux jours de suite.

 

La même attitude a été observée par les Compagnons et les Tâbi'îs, qu'Allah soit Satisfait d'eux. Voici Sohayl ibn ~Amr], le célèbre Compagnon, qu'Allah soit Satisfait de lui, qui jeûnait et faisait beaucoup d'aumône. L'on dit même qu'a force de jeûner et de veiller, son teint fini par temi~

 

De même Abd Allah ibn Omar, ne dormait que peu, il faisait la prière surérogatoire de la nuit, et il récitait beaucoup le Coran, qu'Allah l'accueille dans Sa miséricorde.

 

Voici aussi le cheikh de l'Islam, Ibn Abî Dhi'b1 qui veillait toute la nuit en prière, et déployait beaucoup d'efforts dans la dévotion au point qu'il eut l'assurance de ne point subir les affres du Jour Dernier?

 

Je termine en mentionnant l'imam modèle Zayn al-Âbidîn Hannâd ibn as-Sârî ad-Dârimî al-Koufi, l'un de ses élèves, dit ceci de son maître: « Un jour, il termina la lecture qu'il nous faisait, fit ses ablutions, puis partit à la mosquée où il pria jusqu'à midi. Je l'accompagnai à la mosquée, et de la bas, il se rendis à son domicile, y fit ses ablutions, puis revint à la mosquée pour officier la prière du Dohr avec nous. Puis il récita le Coran, jusqu'à la prière du Maghrib. Je dis alors à l'un de ses voisins :« Il est bien endurant dans l'adoration ! » son voisin me répondit:« Ceci est son adoration de jour depuis soixante dix ans. Que dira-tu alors de son adoration nocturne ! »

 

C'est ainsi qu'ils étaient dans leur dévotion, qu'Allah soit Satisfait d'eux, personne ne les accusa d'innovation. Aujourd'hui, nous devons suivre leurs pas, tenir à ce à quoi ils ont toujours tenu, et faire autant que possible beaucoup d'adoration, pour mériter la satisfaction d'Allah.

 

4- Désavouer les Karâmâts

Fait extraordinaire dans la vie d'une personne qui n'est pas prophète.

 

Les soufis se préoccupent particulièrement des Karâmâts en les propageant parmi les gens, et ce, dans le but d'adoucir les coeurs et d'approfondir la foi. Mais quelques-uns d'entre eux, avaient des objectifs matérialistes, et propageaient les Karâmâts pour drainer des foules autour d'eux et se faire un prestige qui les rapprocherait des notables et des nobles Üe dis quelques-uns d'entre eux, pour être équitable.)

 

La couche sociale des intellectuels et des prédicateurs a donc renié ces faits dits extraordinaires arguant de leur incompatibilité avec le raisonnement rationnel.

 

Mais il est utile de savoir que la doctrine des musulmanssunnites accepte bel et bien les Karâmâts, et les admet en tant que tel à condition qu'elles soient liées à des personnes réputées pour leur vertu et leur piété.

 

Certains savants dirent à ce sujet: « Si vous voyez celui qui a des Karâmâts au point de s'envoler, ne vous méprenez pas à son propos, jusqu'à ce que vous voyiez son attitude envers l'appel au bien et l'interdiction du blâmable, le respect des limites religieuses, et de la législation révélée »

 

D'aucuns pensent que tous les miracles faits par des Prophètes pourraient se réaliser en tant que Karâma pour un élu. Contrairement à cette conception, un grand nombre de savants sunnites affirment que les Karâmâts ne sauraient égaler les miracles des Prophètes.

 

Cette étude ne vise pas à s'élargir dans ce sujet, mais à montrer que le désaveu des Karâmâts a émané d'un croisement de plusieurs raisons dont la grande préoccupation des soufis et leur propagation d'histoires impossibles. En effet, le livre Jâmi' Karâmât al-Awliyâ,l a énuméré quelques Karâmâts dénuées de toute vertu et les deux livres AtIabaqât al-Kobrâ et At-Tabaqât as-Soghrâ racontent des histoires si bizarres, que toute personne raisonnable les rejetterait.

 

Par ailleurs, un groupe de gens vertueux a rejeté les Karâmâts des Mojâhidîn (combattants) afghans, bien qu'un grand nombre d'entre elles soit transmis par des gens de confiance connus pour leur piété.

 

D'autre part, des Karâmâts ont été racontées par les prédécesseurs dans leurs livres, sans que personne ne les désavoue à ma connaissance. Pourquoi donc devrions-nous les rejeter de nos jours ?

 

Ceci émane, comme je l'ai déjà dit, du fait que les soutis ont beaucoup détaillé ce sujet.

 

Il ne faudrait donc pas abandonner la narration et la transmission des Karâmâts, vu le grand effet qu'elles ont sur la foi, la conviction, la stimulation du sentiment de foi et de la concurrence dans la bienfaisance.

 

5 - S'en remettre à Allah ou choisir la voie de la passivité:

 

Il va de soi que pour attendrir les coeurs, il faut accepter de se remettre entre les mains d'Allah.

 

Cette réalité fut mal comprise par certains soufis qui tombèrent dans une passivité totale.

 

Ce qui a transformé certaines communautés soufis en des communautés de morts dans les quatre derniers siècles. Cette passivité totale qui frise l'inconscience a facilité de façon substantielle la tache de la colonisation occidentale. Il est évident que certaines confréries soufis ont contribué à défendre l'Islam en Afrique et en Asie, mais l'on parle ici de la majorité.

 

Pour repousser le colonialisme, des musulmans passifs ont cru utile de lire les hadiths rapportés par al-Bokhârî. D'autres sont allé jusqu'à lancer des slogans comme ceux-ci: « Les serviteurs s'établissent là où Allah le veut », «Ne t'oppose pas sinon tu seras chassé ». Et ces slogans étaient de bons somnifères qui favorisaient la passivité.

 

Certes, se sont des slogans justes, puisque celui qui s'oppose à Allah est mécréant, qu'Allah nous en garde, et certes, les serviteurs se sont établis là où Allah a voulu, puisque aucune créature ne fait un acte ou ne s'en abstient sans la permission d'Allah. Ces slogans sont justes mais ils ont été mal appliqués.

 

Face au travestissement de ces slogans, les gens réagirent en prônant l'abandon de tout ce qui pousse les fidèles à s'en remettre à Allah.

 

Cette réaction eut des effets très néfastes sur ces gens. Ils finirent par s'engloutir dans leurs jouissances et s'effondrèrent face à toutes les difficultés qui entravent leur chemin. Et toute fois qu'on leur dit de tenir bon et de s'en remettre à Allah, il répliquent : « le ciel ne pleuvra ni or ni argent» justifiant ainsi leur enfoncement dans les délices de la vie, en oubliant ce hadith du Prophète (prière et salut sur lui) :«Si vous aviez eu confiance en Allah d'une manière convenable, vous auriez eu vos ressources comme les oiseaux qui sortent le matin, affamés et reviennent le soir, rassasiés »

 

La catastrophe causée par cette mauvaise compréhension de la nécessité de se remettre entre les mains d'Allah, ne peut être surpassé que par la catastrophe causée par l'idolâtrie et l'ostentation. En vérité, la confiance en Allah distingue l'Islam de toute autre religion ou doctrine.

 

Les lignes ci-dessus nous éclaire sur quelques aspects des Raqâ 'iqs, que certains n'arrivent pas à dissocier du soufisme.

 

Cette tendresse abandonnée a mené au durcissement des cœurs, à la sécheresse apparente des yeux et à la froideur des sentiments de foi, de la majorité des prédicateurs et des étudiants.

 

Assurément, nous sommes à Allah et c'est à Lui que nous retournerons.

 

Il est du devoir de la génération actuelle des musulmans, de revenir vers les facteurs stimulant et attendrissant autrement dit, les Raqâ 'iqs, et le sentiment de foi, sans tenir compte du fait que certains innovateurs accordent de l'importance à ce sujet.

 

Pour récapituler ce qui a été dit auparavant, citons cette parole de l'un des imams chercheurs de savoir: «La dureté et la sécheresse de quelques personnes les ont menées à considérer comme soutis ou douteux ou innovateurs, ceux qui écrivent dans le domaine des Raqâ 'iqs et de la pureté intérieure. Plus étrange encore, quelques-unes de ces personnes ne croient pas que des livres relatifs au domaine susmentionné soient composés par leurs célèbres auteurs, comme Madârij as-Sâlikîn.

 

Nous avons même entendu certains de ces gens taxer de soufisme un noble cheikh. Et quand on leur en demanda la preuve, ils dirent qu'ils ont remarqué qu'il s'attardait beaucoup à la mosquée, faisait beaucoup d'évocation après la prière, prolongeait l'invocation et accomplissait la prière surérogatoire !

 

Deuxième Entrave: les divergences jurisprudentielles

 

Ces désaccords se font beaucoup sentir à notre époque caractérisée par le grand nombre de muftis et le grand nombre de livres traitant les affaires secondaires de l'Islam. Les gens fournissent beaucoup de temps à débattre des obligations religieuses et de leurs alternatives atténuantes, sans jamais trouver de consensus.

 

Ces débats ont été repris par les chaînes de télévision satellitaires et les radios. L'intérêt accordé à ces sujets par les médias devient de plus en plus douteux.

 

Sans trop aborder les détails, il convient de rappeler que la recherche de la vérité est l'objectif des gens équitables, mais a-t-on entendu parler de débats stériles sur les divergences jurisprudentielles du temps des Compagnons du Prophète, prière et salut sur lui ou des Tâbi?

 

Ces gens pieux des premières générations consacraient leur temps aux choses sérieuses, aux efforts déployés dans la religion, à l'accomplissement de divers types de devoirs, dont le Djihad.

 

Il n'est donc pas étrange que l'époque des Compagnons du Prophète, prière et salut sur lui, et des Tâbi 'îs, qu'Allah soit Satisfait d'eux, soit caractérisée par un très fort sentiment de foi, d'une pureté intérieure de haut niveau alors que notre époque est caractérisée par la dureté des coeurs, la sécheresse des yeux, l'éloignement des affaires importantes et la préoccupation par les futilités. Ce sont les caractéristiques de l'époque de déclin de ces quatre derniers siècles.

 

Par ailleurs, il faut signaler que la diversité des idées dans le domaine jurisprudentiel existait depuis les premières époques islamiques, et elle existera toujours jusqu'à la fm du monde. Mais l'on doit tout mettre en oeuvre pour éviter que la communauté musulmane n'ait à se focaliser sur des choses qui n'ont pas grand intérêt et qui sont même souvent source de conflits inutiles.

 

Que chaque musulman tienne à ce qu'il croit juste ou à ce qu'on lui dit que c'est juste par fatwa sans trop poser de questions ou changer de muftis, et qu'il multiplie les bonnes oeuvres qui réunissent les coeurs et propagent la pureté entre les gens. Si les gens agissent ainsi, on espère que leurs sentiments de foi atteindraient le niveau escompté. Ainsi la discorde diminuerait et la fraternité se fortifierait.

 

Troisième Entrave: L'environnement et la nature humaine

 

La sagesse d'Allah, qu'Il soit Exalté, a voulu accorder à chaque environnement des caractéristiques spécifiques qui ont un impact sur les gens.

 

L'environnement saharien procure aux gens qui y vivent la force, l'aridité et la dureté, par contre, l'environnement des montagnes procure le courage, la force et l'arrogance, l'environnement plat et facile procure la tolérance... etc.

 

Concernant les individus, Allah, qu'Il soit Exalté a doté les uns d'une abondance dans les sentiments et d'une précipitation irréfléchie, d'autres, d'une paresse sentimentale, presque rien ne les affecte et ils ne réagissent presque jamais, une troisième catégorie est par contre très modérée.

 

Cette variété dans la nature des individus se retrouve aussi dans les communautés et les peuples. Certains peuples ont de forts sentiments de foi, d'autres ont des sentiments faibles, d'autres sont moyens.

 

Des hadiths appuient ce qui est susmentionné, citons-en le suivant: «Les gens du Yémen sont venus à vous, ils ont des sentiments doux, des coeurs tendres, la foi est yéménite, et la sagesse est yéménite»Sahîh al-Bokhârî, chapitre: Les conquêtes.

 

Ainsi, des peuples peuvent être plus tendres que d'autres, et donc répondent mieux et réagissent mieux aux exhortations.

 

Ce qui revient à dire que les prédicateurs doivent prendre en compte les caractéristiques des peuples et des environnements auxquels ils s'adressent.

 

Quatrième Entrave : La vie quotidienne

 

La vie quotidienne, son déroulement, la préoccupation des gens par les besoins journaliers et la complexité de l'époque, ont mené à une sorte de dureté que beaucoup de gens ressentent dans leurs coeurs. Si cela est vrai pour le commun des mortels, il l'est encore plus pour les prédicateurs actifs, qui sont aussi submergés par les charges de leur vie privée. Ce qui pourrait avoir pour effet, la négligence du développement des sentiments de foi. Il va sans dire que cette négligence pourrait avoir des conséquences très néfastes.

 

En effet, après un certain temps, ils pourraient sentir la dureté de leurs coeurs, ils accompliront alors leurs devoirs de prédications et de dévotion, sans vie, sans esprit dans une parfaite routine, comme nous l'avons vu au début de cet ouvrage.

 

Il est donc nécessaire de se retirer souvent de ces vacarmes afin de consacrer un temps soit peu à l'amélioration de ces sentiments de foi.

 

Que tous nos frères prédicateurs sachent que l'éclair du sentiment de foi dans leurs yeux et l'énergie qu'il leur procure est beaucoup plus fructueux que tant d'autres choses qui ne font qu'accroître le caractère routinier de cette noble mission.

 

Tiré du livre Le Sentiment de foi

Dr Mohammad Moussa Ach Charif

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents