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Baladislam

Terre d'IslamVous guide vers le chemin de la vérité


Est-ce que le mort sent la visite du vivant à sa tombe ?

Publié par Baladislam sur 6 Juin 2012, 22:00pm

Catégories : #La tombe

 Fond coran et paysages (40)

 

Premièrement : il est important de savoir que le mort sent l'arrivée du visiteur à sa tombe, l'entend, s'en console ou s'en afflige, mais ne peut ni agir ni se conformer à aucune des recommandations du vivant. Si le vivant lui dit par exemple : "N'oublie pas de répondre aux deux anges quand ils te posent les questions : "Quel est ton Seigneur ? Réponds-leur : mon Seigneur est Allah ; quand ils te demandent quelle est ta religion ? Dis-leur, l'Islam ; quand ils te demandent quel est ton Prophète ? Dis-leur : Muhammad le Messager d'Allah". En fait, le mort ne peut ni profiter de cette recommandation ni, encore moins, la mettre en pratique. Si le vivant lui demande d'invoquer Allah en sa faveur, il ne pourrait pas, étant dans l'impossibilité d'agir ou de réagir pour les raisons mentionnées ci-dessous.

 

Deuxièmement : le mort entend le bruit de la marche et les paroles de ceux qui le portent dans sa dernière demeure. En voici les preuves :

 

1. Parlant du mort le Prophète (saw) a dit : "Le mort entend certainement le bruit de leurs souliers quand ils rebroussent chemin après l’avoir enterré." (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Il s'ensuit donc qu'il entend le bruit des souliers de ceux qui l'ont enterré.

 

2. Le mort se console de la présence des visiteurs.

 

On rapporte que 'Amr ibn al-‘Âs (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit à ceux qui ont assisté à sa mort : "Après m'avoir enterré, veuillez, s'il vous plaît, rester à côté de ma tombe pendant un moment équivalant à celui que prend l'abattage d'une chamelle et la distribution de sa viande, le but étant que je puisse me ressaisir." (Rapporté par Mouslim). C'est-à-dire le temps de se préparer pour être mieux en mesure de répondre aux questions que lui poseront les deux anges. A noter qu'il ne leur a pas ordonné d'abattre la chamelle.

 

3. Le mort entend les paroles qu’on lui adresse

 

S'étant tenu debout sur le fossé de Badr où se trouvaient entassés des morts parmi les polythéistes, le Messager (saw) d'Allah les adressa ainsi : "Avez-vous trouvé que ce que votre Seigneur avait promis était vrai ? Moi en tout cas, j'ai trouvé que ce que mon Seigneur m'avait promis était vrai".

 

'Umar (qu'Allah soit satisfait de lui) lui dit alors : "Ô Messager d'Allah ! Tu adresses la parole à des corps sans âme" ? Le Prophète (saw) lui répondit : "Je jure par Celui Qui a entière autorité sur moi que vous n'êtes nullement mieux capables d'entendre ce que je dis qu'eux". (Rapporté par Boukhari et Mouslim).

 

4. Le mort dans sa tombe entend les salutations qu'on lui adresse

 

Aïcha (saw) rapporte que, lors d'une des nuits qu'il lui consacrait, le Prophète était sorti pour se rendre au cimetière d'al-Baqî'. Une fois sur les lieux, il s'est adressé aux morts en ces termes :"Que la paix soit sur vous, ô locataires de cette demeure où logent des croyants, aussi bien vous que nous-mêmes serons différés pour voir ce qui nous est promis pour demain, mais bientôt, quand Allah le voudra, on vous rejoindra". Dans une autre version, le Messager d'Allah enseignait ces paroles à ses Compagnons et il arrivait que l'un d'eux y ajoute : "Nous prions Allah d'accorder la paix autant à nous qu'à vous-mêmes." (Rapporté par Mouslim).

 

Il est à remarquer que, dans ce hadith, le Prophète s'adressait aux morts en disant : "Que la paix soit sur vous, ô locataires de ces demeures où logent des croyants et des musulmans, nous vous rejoindrons quand Allah le voudra. Puisse-t-Il accorder Sa miséricorde à ceux, parmi vous et parmi nous, qui sont déjà partis et ceux qui partiront bientôt. Nous prions Allah d'accorder le salut autant à nous qu'à vous-mêmes". Commentant ce hadith, Ibn al-Qayyim a dit :"Cette parole est adressée à ceux qui entendent et qui prêtent attention" (Voir le livre d’Ibn Al-Qayyim intitulé Ar-Rûh). Il a dit aussi qu’il est inconcevable que le Prophète (saw) adresse la salutation à ceux qui ne se rendent pas compte de sa présence et n’entendent pas ce qu’il dit.

 

5. Le Prophète (saw) a rendu visite à la tombe de sa mère mais n'a pas prié Allah d’accorder Son pardon à sa mère.

 

Le Prophète (saw) a dit : "Visitez les tombes, car elles rappellent de la mort"(Rapporté par Mouslim).

 

Abû Hurayra (qu'Allah soit satisfait de lui) rapporte que, s’étant rendu sur la tombe de sa mère, le Prophète a pleuré et a fait pleurer ceux qui étaient autour de lui et auxquels il a fait cette confidence : "J'ai demandé à Allah de me permettre de prier pour le pardon de ma mère, mais il ne me l'a pas permis et je lui ai demandé la permission de visiter sa tombe et il me l'a accordée". Rapporté par Mouslim.

 

Ibn al-Qayyim a dit que : "Si les morts ne sentaient pas la présence du visiteur, il ne serait pas correct d'appeler celui-ci un visiteur, car si la personne visitée ne se rend pas compte de l'arrivée du visiteur, on ne pourrait pas proprement parler de visite rendue, c'est en tout cas ainsi que se comprennent raisonnablement les visites chez toutes les nations" (Ar-Rûh).

 

6. Le mort s'afflige lorsque le visiteur pleure

 

Le Prophète (saw) a dit : "Il y a sûrement chez la famille du défunt certaines façons de pleurer qui font souffrir ce dernier ». (Rapporté par Boukhari)

 

Il ne doit pas venir à l'esprit de quiconque que les morts soient punis quand les siens pleurent sur eux, car le terme utilisé par le Prophète (saw) est "ليعذب "(sera certainement torturé). Or, qui dit souffrance dit douleur, ce qui veut dire que le mort sent de la douleur quand les siens pleurent. Ne sent-on pas de la souffrance quand on est exposé à des choses qu'on n'aime pas, qui nous dérangent ou qui nous perturbent sans toutefois être touchés par le feu ou sans recevoir de coups. C'est le sens voulu par le Prophète (saw) quand il dit que"Le voyage est une souffrance", ce qui ne veut pas dire que le voyageur est, en raison de son voyage, torturé par le feu. Sa souffrance se réfère à la douleur, à la détresse et au chagrin qu'il ressent lorsqu’il se sépare et s'éloigne de ses parents, de ses enfants et de sa patrie. De même que le dormeur entend les cris des enfants quand il veut dormir et s'en sent mal à l'aise et en souffre, de même que le mort lorsque, autour de lui, il y a des pleurs, des gémissements, des cris, des paroles qui ne font pas référence à la louange d'Allah, souffre et se sent offusqué. C'est aussi l'avis d'Ibn Taymiyya.

 

7. Parmi les preuves avancées pour prouver que le mort entend la parole du visiteur, il y a le retour de l'âme dans sa tombe de temps en temps comme cela a été expliqué dans une leçon précédente.

 

Troisièmement : le mort ne peut en aucun cas réagir aux conseils que lui donne le vivant

 

La preuve que le mort ne peut, à partir de sa tombe, ni accéder aux requêtes du vivant qui lui demande, par exemple, d'intercéder en sa faveur ou de voler à son secours ni, non plus, profiter des conseils ou des recommandations qu'on lui fait dans sa tombe concernant, par exemple, la façon de répondre aux questions posées par les deux anges ou de se conformer aux injonctions ou aux interdits pour les raisons suivantes :

 

1. Allah a dit à son Prophète :

 

"Tu ne peux faire entendre les morts ni faire entendre l'appel aux sourds quand ils s'enfuient en tournant le dos."

(Coran : 27/80)

 

Or, il y a deux sortes d'auditions : une audition qui indique que la parole arrive aux sens, une audition qui montre que la parole ne dépasse pas les oreilles. Mais il y a aussi une autre audition en vertu de laquelle on entend et on réagit favorablement à l'appel comme il est indiqué dans le Coran :

 

"Et si Allah avait reconnu en eux quelque bien, Il aurait fait qu'ils entendent. Mais, même s'Il les faisait entendre, ils tourneraient [sûrement] le dos en s'éloignant."

(Coran : 8/23)

 

C'est-à-dire que s'il y avait en eux le moindre bien, Allah l'aurait immanquablement décelé et leur aurait, en conséquence, inspiré de réagir favorablement et d'agir conformément à ce qu'ils entendent. Mais, Allah, exalté soit-Il, sait qu'au fond il n'y a pas de bonté en eux. En conséquence, on peut dire que le mort entend la parole de ses visiteurs, mais n'est pas en mesure de leur répondre s'ils lui donnent des conseils ou lui font des recommandations particulières telles que la façon de répondre aux deux anges ou l'intercession en leur faveur ou la supplication et autres innovations interdites.

 

2. Tu es certes incapable de leur faire entendre ton message

 

Allah, le Très Haut, a dit :

 

"Tu ne peux faire entendre les morts ni faire entendre l'appel aux sourds quand ils s'enfuient en tournant le dos".

 

Ce verset indique, comme déjà expliqué, qu’ils n'écoutent pas en vue de réagir dans le bon sens, car les morts ne répondent pas à ton appel. Cette parole est adressée au Prophète au sujet de son appel aux infidèles pour embrasser l'Islam. Il lui est clairement énoncé que ceux-ci ne lui répondront jamais favorablement même s'ils lui prêtent leurs oreilles tout comme les morts dans leurs tombes ne lui répondront pas.

 

3. Même si les morts entendent ils ne pourront pas répondre

 

Allah, exalté soit-Il, dit :

 

"Si vous les invoquez, ils n'entendent pas votre invocation ; et même s'ils entendaient, ils ne sauraient vos répondre."

(Coran : 35/14).

 

En fait les infidèles avaient l'habitude de faire des sculptures et des idoles qui représentent les morts et qu'ils invoquent ensuite. Allah a alors montré que ces idoles ne peuvent pas entendre. Mais même à supposer qu'elles entendent, elles ne sauraient réagir mieux que les morts qu'elles représentent, morts qui, même s'ils entendent, ne peuvent pas répondre.

 

4. Interruption définitive des œuvres

 

Le Prophète a dit : "Lorsque le fils d’Adam meurt, toutes ses œuvres s’arrêtent hormis trois : une aumône courante, un savoir utile et un enfant pieux qui invoque Allah en sa faveur". Rapporté par Mouslim. Cela indique que le mort ne peut pas agir conformément aux conseils que lui donne, à sa tombe, le vivant ni lui répondre, car ses œuvres sont interrompues définitivement.

 

Quatrièmement : rendre compte au mort de ce qui s'est passé après son départ.

 

Il n'est guère conforme à la voie suivie par le Prophète et ses Compagnons de s'adresser au mort sauf dans les formes indiquées plus haut. En ce qui concerne les plaintes et les comptes rendus de ce qui s'était passé après sa mort, ils relèvent de l'innovation quand il s'agit d'un mort et de paroles vaines quand il s'agit du vivant qui, à les entendre, se sent mal à l'aise en dépit de sa capacité d'agir et de réagir, car elles ne sont d'aucune utilité. Si tel est le cas du vivant que dire du mort qui est dans l'incapacité d'agir, étant tellement occupé par ce qu'il est en train de vivre de délices ou de subir de tourments de l'Enfer. Puisse Allah nous en préserver.

 

Source : http://www.islamweb.net/frh/

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