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Baladislam

Terre d'IslamVous guide vers le chemin de la vérité


Introduction à la sourate Al-Ahqâf

Publié par Baladislam sur 31 Mai 2012, 22:01pm

Catégories : #Explication des sourates

 21

 

Nom

Il est tiré du verset 21 "quand il avertit son peuple à Al-Ahqâf ".

 

Période de Révélation

Elle est déterminée par un fait historique mentionné dans les versets 29 à 32. L’épisode de la visite des jinns au Prophète - que les salutations et bénédictions de Dieu soient sur lui, qui se retirèrent après avoir assisté à sa récitation du Coran, eut lieu, d’après des hadiths dont l’authenticité est reconnue, et les mentions qui en sont faites dans les écrits biographiques consacrés au Prophète - que les salutations et bénédictions de Dieu soient sur lui - au moment où le Saint Prophète fit halte à la Mecque lors de son voyage de retour de Ta’if à la Mecque. Selon toutes les traditions historiques authentiques, il partit à Ta’if trois ans avant l’Hégire. Cela montre donc que cette sourate fut révélée vers la fin de la dixième année ou au début de la onzième année de la prophétie.

 

Contexte historique

La dixième année de la prophétie fut une année de persécution extrême et de détresse dans la vie du Saint Prophète. Les Quraysh et les autres tribus continuèrent leur boycott des Banû Hâshim et des Musulmans pendant trois ans. Le Saint Prophète, les membres de sa famille, et ses Compagnons demeurèrent assiégés à Shi`b Abî Tâlib. Les Quraysh bloquèrent les environs de toute part de telle manière qu’aucun approvisionnement d’aucune sorte ne pouvait atteindre les gens assiégés. Il leur était permis de sortir et d’acheter quelques articles de première nécessité seulement pendant la saison du Hajj. Mais, même en cette période, chaque fois qu’Abû Lahab remarquait que l’un d’eux s’approchait de la place du marché ou d’une caravane marchande, il appelait les marchands et les exhortait à annoncer des tarifs prohibitifs pour ces derniers et il promettait d’acheter lui même leurs marchandises de telle sorte que lesdits marchands ne souffriraient d’aucune perte. Ce boycott qui dura trois années entières avait brisé les Musulmans et les Banû Hâshim, à un tel point qu’ils furent parfois contraints de manger de l’herbe et les feuilles des arbres.

 

L’année où le siège fut levé, Abû Tâlib, l’oncle du Saint Prophète, qui avait défendu son neveu pendant 10 longues années, mourut, et à peine un mois plus tard, l’épouse du Saint Prophète, As-Sayyidah Khadîjah, source de paix et de consolation pour son mari depuis le début de son appel, décéda. Du fait de ces tragiques évènements, qui se succédèrent étroitement, le Saint Prophète eut l’habitude de désigner cette année comme l’année de la tristesse et de la douleur (en arabe : `âm al-huzn).

 

Après la mort d’As-Sayyidah Khadîjah et d’Abû Tâlib, les mécréants de la Mecque devinrent encore plus effrontés à l’encontre du Saint Prophète. Ils commencèrent à le traiter bien plus sévèrement, à tel point qu’il devint difficile pour lui de sortir de chez lui. Ibn Hishâm rapporte un incident selon lequel un vaurien de Quraysh, un jour, dans la rue, lui jeta ouvertement de la poussière.

 

Finalement, le Saint Prophète s’en alla pour Tâ’if avec l’intention d’inviter les Banû Thaqîf à Islam. Même s’ils n’acceptaient pas l’islam, il devrait au moins les convaincre de lui permettre de travailler tranquillement pour sa mission. Il n’avait à ce moment là aucun moyen de transport et accomplit tout le voyage jusqu’à Tâ’if à pied. Selon certaines traditions, il y alla seul, mais selon d’autres, il était accompagné de Zayd Ibn Hârithah. Il resta à Tâ’if quelques jours, s’adressa à chacun des chefs et des notables des Banû Thaqîf et leur parla de sa mission. Non seulement ils refusèrent de l’écouter, mais encore ils lui notifièrent simplement de quitter leur ville. Ils craignaient que son prêche ne corrompe les jeunes générations. Ainsi, il fut contraint de quitter Tâ’if . Alors qu’il quittait la cité, les chefs de Thaqîf lui envoyèrent leurs esclaves et des canailles, qui, hurlant, le poursuivirent en hurlant , l’injuriant et le couvrant de pierres, tout au long de son trajet, de part et d’autre de la route, jusqu’à ce qu’il soit brisé par des blessures et que ses chaussures soient pleines de sang. Abattu et extenué, il trouva refuge à l’ombre du mur d’un jardin hors de Tâ’if et pria :

 

"O Seigneur, à Toi je me plains de ma faiblesse, de mes faibles ressources, et de mon humilité devant les hommes. O Très Miséricordieux Tu es le Seigneur des faibles, et Tu es mon Seigneur. A qui vas-Tu me confier ? A quelqu’un d’éloigné qui va me détourner ? Ou à un ennemi à qui Tu as donné le pouvoir de disposer de moi ? Si tu n’es pas en colère après moi, je ne me ferai pas de souci. Ta faveur est plus large pour moi. Je prends refuge dans la lumière de Ta contenance, par laquelle l’obscurité est illuminée, et les choses de ce monde et de l’au-delà sont correctement ordonnées, de crainte que Ta colère ne s’abatte sur moi ou que ta fureur ne tombe sur moi. C’est à Toi que nous devons donner satisfaction jusqu’à ce que Tu sois Bien Heureux. Il n’est nul pouvoir, ni puissance sinon en Toi."

 

Affligé et éreinté à son retour, il eut l’impression, lorsqu’il parvint près de Qarn Al-Manâzil, que le ciel était assombri par des nuages. Il regarda et vit Gabriel devant lui, qui l’appelait :"Allâh a entendu la voie que ton peuple a prise. Il a, donc, envoyé cet ange responsable des montagnes. Tu peux le commander comme il te plaît ». Alors l’ange des montagnes le remercia et se soumit : "Si tu veux, je renverse n’importe laquelle de ces montagnes sur ces gens » Le Saint Prophète répliqua : "Non, mais j’espère qu’Allâh fera de leurs progénitures des gens qui adoreront nul autre que Lui, L’Unique. » (Bukhârî, Dhikr al-Malâ’ikah ; Muslim : Kitâb Al-Maghâzî ; Nasâ’î :Al-Bauth).

 

Après cela, il s’en alla séjourner quelques jours à la Mecque, perplexe quant à ce qu’il devra faire face aux gens de la Mecque, qui, pensait-il, seraient encore plus montés contre lui en apprenant ce qui s’est passé à Tâ’if. Ce fut là qu’une nuit alors qu’il était entrain de réciter le Coran en prière, un groupe de jinns passa près de lui, écoutèrent le Coran, y crut, et retourna vers son peuple pour y prêcher l’islam. Ainsi, Allâh informa Son Prophète que si les hommes fuyaient son invitation, beaucoup de jinns, devinrent croyants, et propageaient son message parmi les leurs.

 

Thèmes et Sujets Abordés

C’est, ainsi, dans ces conditions que cette sourate fut envoyée. Quiconque garde en mémoire ce contexte, d’une part, et étudie cette sourate, d’autre part, ne laissera aucun doute dans son esprit sur le fait qu’elle n’est pas du tout l’œuvre de Muhammad — paix et bénédictions sur lui — mais « une révélation du Tout Puissant, du Tout Sachant Allâh. » Nulle part, du début à la fin de cette sourate, on ne trouve quelques sentiments et quelques réactions humaines, qui seraient naturellement le fait d’un homme dans de si dures conditions. Si c’eût été le propos de Muhammad — paix et bénédictions sur lui — à qui les peines personnelles successives et l’incommensurable, récente et amère expérience à Tâ’if ont causé une anxiété et une angoisse extrêmes, cela se serait reflété d’une manière ou d’une autre sur l’état d’esprit d’un homme sujet à ces afflictions et ces peines. Considérons la prière que nous avons citée plus haut : elle contient son propre langage, chacun de ses mots est plein de sentiments qu’il eut à ce moment. Mais cette sourate qui a été révélée précisément dans la même période et qui a même été récitée par le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dans les mêmes conditions, est absolument vierge de tout signe ou de trace de temps.

 

Le sujet de cette sourate est d’avertir les mécréants des erreurs dans lesquelles ils sont impliqués et dans lesquelles ils persistent avec arrogance, et ceux qui condamnent l’homme qui tente de les sauver. Ils regardent le monde comme un endroit inutile et sans finalité où ils ne doivent rendre de comptes à personne. Ils pensaient que l’invitation au Tawhîd (monothéisme) était fausse et ils persistaient à croire que leurs propres divinités étaient en fait les Associées d’Allâh. Ils n’étaient pas disposés à croire que le Coran était la parole du Seigneur des mondes. Ils avaient une conception erronée et étrange de l’apostolat à partir de laquelle ils proposèrent d’étranges critères pour juger les revendications du Saint Prophète. Dans leur conception, le fait que leurs anciens et les chefs tribaux importants, ainsi que les soit-disant leaders de leur nation n’acceptaient pas l’’islam, mais que seuls quelques jeunes hommes, quelques pauvres gens et quelques esclaves ont affirmé leur foi en lui, constitue une bonne preuve que la religion islamique n’est pas basée sur la vérité. Ils pensaient que la Résurrection, la vie après la mort, les rétributions et les punitions de l’au-delà étaient des mensonges qui ne pouvaient nullement se réaliser.

 

Dans cette sourate, chacune de ces fausses conceptions a été réfutée d’une manière brève mais rationnelle, et les mécréants sont avertis que s’ils voulaient rejeter l’invitation du Coran et la Prophétie du Prophète Muhammad — paix et bénédictions sur lui — par leurs préjugés et leur obstination au lieu d’essayer de comprendre sa vérité rationnellement, ils ne font que préparer leur propre perte.

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