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Baladislam

Terre d'IslamVous guide vers le chemin de la vérité


L’innovation

Publié par Baladislam sur 26 Avril 2012, 22:00pm

Catégories : #Tawhid et unicité d'Allah

fond écran noms allah (77)

 

Ce chapitre comprend les parties suivantes :

 

Première partie : Définition de l’innovation, ses formes et ses statuts.

 

Deuxième partie : Concernant l’apparition des innovations dans la vie des musulmans et les causes de cela.

 

Troisième partie : La position de la communauté musulmane face aux innovateurs et la voie des gens de la sunna et du consensus dans leurs façons de les contrer.

 

Quatrième partie : Concernant la mise en évidence d’exemples d’innovations contemporaines.

 

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Définition de l’innovation, ses formes et ses statuts

 

1. Définition de l’innovation (bid’a)

 

Al-bid’a, dans la langue arabe, a pour origine al-bad’, qui est l’invention (d’une chose) qui n’a pas de précédent.

 

« Il est le Créateur des cieux et de la terre à partir du néant ! »

(La vache - 117)

 

C’est à dire qu’il est l’inventeur des cieux et de la terre sans modèle précèdent.

 

« Dis : ‹Je ne suis pas une innovation parmi les messagers »

(Al-ahqaf – 9)

 

C’est à dire : "Je ne suis pas le premier messager qui vint aux gens avec le message d’Allah, il y a beaucoup d’autres prophètes qui m’ont devancés".

 

On dit: "untel a innové une innovation" c'est-à-dire qu’il a emprunté une voie (nouvelle), personne ne l’a précédé dans cela.

 

L’innovation est de deux types :

 

a) L’innovation dans les choses habituelles comme faire de nouvelles inventions, ceci est autorisé, car à l’origine, tout ce qui est en rapport avec les choses de la vie courante est la permission.

 

b) L’innovation en religion, ceci est interdit, car à l’origine, on ne doit accomplir aucun acte (en matière de religion) sauf en présence de preuve. Le prophète (saw) a dit : "celui qui accomplit un acte qui n’est pas conforme à notre loi, alors cet acte est rejeté".

 

2. les formes de l’innovation

 

- La première forme: l’innovation concernant les dires de la croyance comme les dires des djahmiya, des mou’tazila, des rafida et du reste des sectes égarées et leurs croyances.

 

- La deuxième forme : l’innovation dans les adorations comme le fait d’adorer Allah par une adoration qu’il n’a aucunement légiférée. Elle se divise en quatre catégories :

 

Ce qui rentre dans le domaine du culte : inventer une adoration qui n’a pas d’origine dans la législation comme inventer une prière ou un jeûne qui n’est initialement pas légiféré, ou une fête non légiférée comme les fêtes de la naissance (du prophète (saw)) ou autres.

 

Ce qui est additionné aux adorations légiférées, à l’exemple de prier une cinquième unité (rak’a) dans la prière de midi ou de l’après-midi.

 

- La troisième forme : l’innovation dans la manière de pratiquer des adorations légiférées, c'est-à-dire accomplir des adorations de manière non légiférée comme réciter des invocations à voix communes et mélodieuses. Ou comme le fait d’exercer les adorations de manière excessive au point d’outrepasser la sunna du prophète .

 

- La quatrième forme : déterminer un temps spécifique pour la pratique d’une adoration alors que la législation n’a pas prescrit ce temps, comme spécifier le jour et la nuit de mi-cha’bane pour accomplir prières et jeûnes. À l’origine, la prière et le jeûne sont légiférés, par contre spécifier leur pratique suivant une période précise, cela nécessite une preuve.

 

3. Statut de l’innovation et de l’ensemble de ses formes dans la religion.

 

Chaque innovation dans la religion est interdite et est égarement, comme il est cité dans la parole du prophète : "Méfiez-vous des nouveautés dans les affaires (de religion), car toute nouveauté est une innovation, et toute innovation est égarement"98 ainsi que son autre parole : "celui qui accomplit un acte qui n’est pas conforme à notre loi, alors cet acte est rejeté"99. Ces deux hadiths sont des preuves que chaque invention en matière de religion est une innovation, et que chaque innovation est un égarement. La signification de cela est que toutes les innovations dans les adorations et les croyances sont interdites, néanmoins cette interdiction diffère suivant la forme de l’innovation. Il y a des innovations qui sont des purs actes de mécréance comme tourner autour des tombes afin de se rapprocher des morts, et leur présenter des sacrifices et des vœux ainsi que leur demander secours. Ou comme les dires des extrémistes d’entre les djahmiya et les mou’tazila. Et il y a également celles qui sont des moyens menant au polythéisme, à l’exemple des édifices construits sur les tombes, les prières et les invocations auprès d’elles. D’autres, sont des déviations dans la croyance, comme les innovations des kharidjites, des qadariya et des mourdjia dans leurs paroles et leurs croyances qui sont contraires aux preuves juridiques, d’autres encore sont des péchés comme le fait de s’abstenir de se marier, de jeûner debout sous le soleil ou la castration en vue de couper toutes envies sexuelles.

 

- Remarque

 

Ceux qui divisent l’innovation en bonne et mauvaise, commettent une erreur et contredisent la parole du prophète (saw): "Toute innovation est égarement". Le prophète (saw) a jugé toute innovation comme étant égarement, alors qu’eux, ils disent: "Les innovations ne sont pas toutes mauvaises, il y a des bonnes innovations". Le Hafiz Ibn Rajab cite, dans le commentaire des quarante (hadiths de Nawaoui): "sa parole : (saw) "toutes les innovations sont des égarements" fait partie des paroles concises et explicites, il ne s’échappe d’elle aucune chose et elle représente un principe fondamental dans la religion, elle ressemble à son dire : "celui qui accomplit un acte qui n’est pas conforme à notre loi, alors cet acte est rejeté". Tous ceux qui agissent (de manière non conforme), puis qui imputent (cet acte) à la religion sans qu’il ne renferme un principe religieux, alors, la religion est innocente de cet acte. Cela englobe les questions de croyance, les actes ou les paroles apparentes ou cachés".

 

Ils ne possèdent aucune preuve sur le fait que l’innovation peut être bonne, sauf la parole de Omar qui dit au sujet de la prière a-taraouih (prières de veillée du mois de ramadan) : "Quelle bonne innovation celle-ci". Ils dirent aussi qu’il advint des choses que les prédécesseurs n’ont pas blâmées comme réunir le coran dans un seul livre ou l’écriture des hadiths et leur compilation. La réponse à cela est que ces choses ont une origine dans la loi, elles ne sont donc pas des nouveautés. Et pour ce qui est de la parole de Omar : "Quelle bonne innovation celle-ci", il entend par "innovation" l’innovation au sens étymologique, non l’innovation au sens législatif. Par conséquent, lorsque l’on dit : "Cet acte est une innovation" alors qu’il a une origine dans la loi, c’est donc son sens étymologique que l’on sous-entend, non son sens législatif, car l’innovation au sens législatif est tout ce qui n’a pas d’origine dans la législation. Et la compilation du coran dans un seul livre a une origine dans la religion, car le prophète (saw) ordonnait ses compagnons d’écrire le coran, mais son écrit était dispersé, alors les compagnons entreprirent de le réunir dans un seul recueil afin de le conserver.

 

La prière a-tarawouih, le prophète (saw) l’a certes priée de nuit avec ses compagnons, et il l’a délaissée en dernier lieu de peur qu’elle devienne pour eux une obligation. Ensuite les compagnons continuèrent à l’accomplir en groupes séparés durant l’existence du prophète (saw) puis après sa mort jusqu’à que Omar les rassembla derrière un seul imam comme ils l’étaient derrière le prophète (saw), ceci n’est donc pas une innovation en religion.

 

L’écriture du hadith a également une origine dans la loi. Le prophète (saw) ordonna à certains compagnons l’écriture de quelques hadiths lorsqu’on lui demanda cela. Abou houraira écrivait des hadiths sous le règne du prophète (saw) alors que cela était prohibé de façon générale pendant son règne, de peur que l’on mélange au coran ce qui n’est de lui. Puis, lorsque décéda le prophète (saw), cette interdiction fut alors suspendue, car le coran fut complété et assimilé avant la mort du prophète (saw). Les musulmans, après cela, compilèrent les hadiths de manière à les conserver de toute perte, qu’ils soient récompensés pour ce qu’ils ont fait en faveur de l’islam et des musulmans, car ils ont préservé le livre de leur seigneur et la sunna de leur prophète (saw) de toute perte et falsification.

 

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Concernant l’apparition des innovations dans la vie des musulmans et les causes de cela

 

1. L’apparition des innovations dans la vie des musulmans

 

a) La date de l’apparition des innovations

 

Le cheikh de l’islam Ibn Taimiya a dit: "Sache que l’ensemble des innovations en rapport aux sciences et aux adorations sont apparues durant la dernière période du règne des califes bien guidés, comme le prophète (saw) nous a informé de cela en disant : "celui qui, parmi vous, vivra, verra beaucoup de divergences, alors tenez vous à ma sunna et à celle des califes bien guidés et dirigés".

 

Les premières innovations qui apparurent : l’innovation concernant le destin (qadr), l’innovation de l’irdja, l’innovation du chiisme et des kharidjites. Et lorsqu’advint la dissension après l’assassinat de Othman, apparut l’innovation des hourouriya. Ensuite, à la fin de la période des compagnons, se manifesta les qadariya, se situant à la fin de l’époque de Ibn Omar, Ibn Abass, Djâbir et des autres compagnons. Les mourdjia apparurent peu après cela, quant aux djahmiya, eux se déclarèrent à la fin de la période des adeptes des compagnons, après la mort de Omar ibn Abdel Aziz, on dit à son sujet qu’il mit en garde d’eux. Djahm (ibn safawne) se dévoila en la ville de khourasane, sous le califat de Hicham ibn Abdel Malik.

Toutes ces innovations apparurent au deuxième siècle, en la présence des compagnons qui blâmèrent leurs auteurs. Puis vit le jour, l’innovation al-i’tizal puis se produit la dissension entre les musulmans et naquirent les divergences et les tendances à l’innovation et la passion. Ensuite vint l’innovation du soufisme, de la construction d’édifices au dessus des tombes, après les générations favorites, et ainsi, à chaque fois que le temps passe, les innovations se multiplient et se diversifient.

 

b) Les lieux où sont apparues les innovations

 

L’apparition des innovations diffère suivant les pays musulmans, le cheikh de l’islam Ibn taimiya a dit: "Les contrées où ont habité les compagnons du prophète (saw) et d’où émergea la science et la foi sont au nombre de cinq : les deux terres sacrées (la Mecque et Médine), les deux Iraq et Cham (la Syrie, la Jordanie, la Palestine). D’elles, fut révélé la coran, le hadith, le fiqh, l’adoration et ce qui s’en suit des affaires de l’islam. Il apparut également dans ces contrées, mise à part Médine, les innovations de base. A koufa, se manifesta le chiisme et al-irdja qui se propagèrent ensuite en d’autres lieux, à Basra apparut al-qadr (l’innovation de la prédestination), al-i’tizal et la fausse dévotion qui par la suite se propagèrent dans maintes contrées. Le nassab et le qadr étaient présents à Cham, quant au tadjahoum, il fit son apparition près de khourassane, et il est la pire des innovations. L’apparition des innovations était en fonction de l’éloignement de la terre prophétique, et lorsque se produisit la dissension après l’assassinat de Othman, se manifesta l’innovation des hourouriya. Quant à la ville prophétique (Médine), elle demeura saine de toutes ces innovations malgré qu’il s’y trouvait des gens étant implicitement en leur faveur. (Les habitants de Médine) les méprisaient et les blâmaient, comme ce fut le cas des qadariya qui vécurent humiliés. Et ceci contrairement au chiisme et à al-irdja dans la région de Koufa, et à al-i’tizal et à l’innovation du nousouk dans la ville de Basra, et au nassab104 dans la région de Cham, toutes ces innovations étaient apparentes. Et dans le sahih (recueil de hadiths authentiques) le Prophète  affirma que le dadjal (l’antéchrist) ne rentrera dans Médine. Également, la science et la foi demeurèrent resplendissantes jusqu’à l’époque des adeptes de l’imam Malik, sachant qu’ils font parti du quatrième siècle".

 

Durant les trois générations favorites, il n’apparut, dans Médine, de façon manifeste, d’innovations. Et il n’émana point d’elle, d’innovation dans les fondements de la religion contrairement aux autres provinces.

 

2. Les causes de l’apparition des innovations

 

Nul doute que le fait de s’accrocher au livre et à la sunna évite de trébucher dans les innovations et l’égarement, Allah dit :

 

« ‹Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez-le donc ; et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie.› Voilà ce qu'Il vous enjoint. Ainsi atteindrez-vous la piété. »

(Les bestiaux - 153)

 

Le prophète (saw) a clarifié cela comme ceci est rapporté par Ibn Mass’oud : "Le prophète (saw) nous traça une ligne puis dit: "ceci est la voie d’Allah"puis il traça d’autres lignes partant de sa droite (de la première ligne) et de sa gauche puis il dit :"Ceci sont les sentiers, à chacun d’eux se trouve un diable qui appelle à lui" puis il récita :

 

« ‹Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez-le donc ; et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie.› Voilà ce qu'Il vous enjoint. Ainsi atteindrez-vous la piété. »

(Les bestiaux – 153)

 

Celui donc qui se détourne du livre et de la sunna, sera forcé à suivre les chemins de l’égarement et les nouvelles innovations.

 

Les causes de l’apparition des innovations se résument en ce qui suit : l’ignorance des lois religieuses, suivre la passion, se conformer inconditionnellement aux avis et aux personnes, imiter les mécréants et suivre leurs traditions. Étudions plutôt cela de manière détaillée :

 

- L’ignorance des lois divines

 

À chaque fois que le temps passe, et que les gens s’éloignent des traditions prophétiques, la science diminue et l’ignorance se répand, comme l’a informé le prophète (saw) lorsqu’il dit : "Ceux qui vivront d’entre vous, verront beaucoup de divergences", "Allah n’ôte pas la science en la soustrayant de la poitrine des serviteurs (des savants), il l’ôte plutôt en faisant disparaître les savants jusqu’à ce qu’il ne reste plus de savants, alors les gens prendront comme dirigeants des ignorants qui lorsqu’on les questionne donnent leur avis sans aucune connaissance, ils s’égareront et égareront (les gens)".

 

Seuls les savants et la science peuvent faire face aux innovations, par conséquent, si la science et les savants disparaissent, alors l’occasion est donnée à l’apparition et la prolifération de l’innovation et au dynamisme de ses adeptes.

 

- Suivre la passion

 

Celui qui se détourne du livre et de la sunna suivra alors sa passion comme Allah, le Très-Haut dit :

 

« Mais s'ils ne te répondent pas, sache alors que c'est seulement leurs passions qu'ils suivent. Et qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans une guidance d'Allah? Allah vraiment, ne guide pas les gens injustes. »

(Le récit - 50)

 

« Vois-tu celui qui prend sa passion pour sa propre divinité ? Et Allah l'égare sciemment et scelle son ouïe et son coeur et étend un voile sur sa vue. Qui donc peut le guider après Allah? Ne vous rappelez-vous donc pas ? »

(L’agenouillée - 23)

 

L’innovation n’est autre que l’étoffe de la passion suivie.

 

- Suivre aveuglément les avis et les hommes

 

Suivre inconditionnellement les opinions d’autrui et les personnes représente une barrière entre l’homme et le fait qu’il se conforme aux preuves et qu’il connaisse la vérité, Allah dit :

 

« 170. Et quand on leur dit: ‹Suivez ce qu'Allah a fait descendre›, ils disent : ‹Non, mais nous suivrons les coutumes de nos ancêtres. »

(la vache)

 

Ceci est le cas des fanatiques de nos jours parmi certains adeptes du soufisme et des adorateurs des tombes, lorsqu’ils sont invités à suivre le livre et la sunna, et à délaisser ce qu’ils pratiquent, qui est contraire (au coran et la sunna), ils s’appuient alors sur leurs doctrines, sur leurs maîtres (de pensée), sur leurs pères et ancêtres.

 

- L’imitation des mécréants

 

Ceci est la pire des causes menant à la pratique de l’innovation. Abu Waqid al-laythi a dit : "alors que nous venions récemment de nous convertir à l’islam, nous sortîmes en expédition avec le prophète (saw) pour la bataille de Hunayn. Les polythéistes avaient l’habitude de se recueillir auprès d’un arbre de lotus aux branches duquel ils suspendaient leurs armes. Ils surnommaient cet arbre : dhatou-anwat. Apercevant un jujubier, nous dîmes au prophète (saw): "Ô envoyé d’Allah ! Désigne-nous un arbre dhatou-anwat semblable à leur arbre, le prophète (saw) s’exclama alors : "Allah est le plus grand ! L’histoire se répète ! Par celui qui détient mon âme entre ses mains, vous venez de tenir les même propos qu’on tenus les enfants d’Israël à Moise:

 

« Désigne-nous une divinité semblable à leurs dieux. » Il dit: ‹Vous êtes certes des gens ignorants. »

(Les limbes - 138).

 

Vous suivez certes les voies de ceux qui vous ont précédés" Dans ce hadith nous observons que l’imitation des mécréants est ce qui entraîna Bani Israël à réclamer cette demande abjecte, qui est de leur designer une divinité qu’ils puissent adorer. Et c’est ce qui incita quelques compagnons du prophète (saw) à lui réclamer qu’il leur désigne un arbre par lequel ils puissent acquérir bénédiction en dehors d’Allah. Et ceci est actuellement le même problème, car la plupart des musulmans imitent les mécréants dans leurs actes d’innovation et de polythéisme, à l’exemple des anniversaires, de déterminer des jours et des semaines bien précis pour l’accomplissement d’œuvres spécifiques, des cérémonies et des commémorations religieuses, de la mise en place de statues et de monuments mémoriels, de l’organisation d’obsèques et de leurs innovations, de la construction d’édifices au dessus des tombes, etc.

 

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La position de la communauté musulmane face aux innovateurs et la voie des gens de la sunna et du consensus dans leurs façons de les contrer

 

1. La position des gens de la sunna et du consensus face aux innovateurs

 

Les gens de la sunna et du consensus ne cessent de répliquer aux innovateurs et de réprouver leurs innovations, ils défendent de les exercer. En voici quelques exemples :

 

- Oum darda a dit : "Abou darda rentra (à la maison) en colère, je lui dis : "Qu’as-tu" il répliqua : "Par Allah, je ne reconnais pas en eux la conduite du prophète (Saw) sauf qu’ils prient en groupe".

 

- Omar ibn yahya dit: "J’ai entendu mon père qui cite de son père : "Nous étions assis devant la porte de Abdallah ibn mass’oud, avant la prière de midi, nous avions l’habitude de marcher avec lui jusqu’à la mosquée lorsqu’il sortait. Soudainement apparut Abou Moussa al-acha’ri, il dit : "Est-ce que Abou Abdel Rahman est sorti ?" nous lui dîmes : "Non". Il s’assit alors avec nous jusqu’à ce qu’il sortit. Nous nous levâmes au moment de sa sortie, puis il dit : "J’ai vu précédemment, dans la mosquée, un fait que j’ai dénié (en moi même) alors que je n’ai vu, la louange à Allah, que du bien". Il dit : "Qu’en est-il", il dit : "J’ai vu dans la mosquée des gens assis en plusieurs cercles en attente de la prière. Dans chaque cercle un homme, et dans leurs mains, des cailloux. Il dit (cet homme): "dites : Allah est le plus grand cent fois" alors ils disent cela cent fois. Puis il dit : "dites : il n’y a pas de divinité (méritant l’adoration) sinon Allah cent fois", alors ils répètent cela cent fois, puis il dit : "dites: pureté à Allah cent fois" alors ils répètent cela cent fois’’. Il dit (Ibn Mass’oud): "Que leur as-tu dit ? " il dit : "Je n’ai rien dit afin d’attendre ton avis- ou en attendant ton ordre, il répliqua : "tu aurais dû leur dire qu’ils comptent leurs mauvaises actions, tu leur garantiras ainsi qu’ils ne perdront rien de leurs bonnes œuvres ?". Ensuite il s’en alla et nous marchâmes avec lui jusqu’à ce que nous arrivâmes devant un de ces cercles. Il s’arrêta devant eux et leur dit: "Qu’est ce que vous fabriquez ? ils dirent : "nous comptons avec ces quelques pierres le nombre de takbir, de tahlil, de tasbih et de tahmid," il répliqua alors : "Comptez plutôt vos mauvaises actions, alors je vous garantis que vous ne perdrez rien de vos bonnes œuvres, malheur à vous, Ô communauté de Mohammed, que votre perdition est rapide ! ses compagnons sont disponibles, ses habits (du prophète (Saw)) ne sont pas encore effrités, et son plat n’est pas encore cassé. Par celui qui détient mon âme entre ses mains, soit vous êtes sur une religion plus guidée que celle de Mohammed ou soit vous êtes sur le point d’ouvrir les portes de l’égarement". Ils dirent : "Par Allah, Ô Abou Abdel-Rahman, nous ne voulons que le bien" il dit: "combien de gens veulent le bien et ne l’atteignent pas ? Le prophète (Saw) m’a dit qu’un peuple lira le coran (leur lecture) ne dépassera pas leurs gosiers, par Allah, je ne sais pas si la plupart d’entre vous font parti d’eux". Puis il s’en alla".’Amr ibn salama dit: "Nous avons vu la plupart de ces gens-là nous combattre avec les kharidjites le jour de a-nahrawane".

 

- Un homme vint à Malik ibn Anas, il lui dit : depuis quel endroit dois-je me mettre en état de sacralisation (ihram)? Il lui répondit : "Depuis les stations (Miquattes) là où le prophète (Saw) s’est mis en état de sacralisation" la personne dit alors : "Si je me mets en état de sacralisation bien avant ces stations ?" Malik répondit : "Je ne vois point cela" il répliqua : "Que vois-tu de mal en cela?" il dit: "Je crains pour toi une épreuve" il dit alors : "Quelle épreuve y a-t-il dans l’accroissement du bien ?" Malik répliqua alors: "Allah, le très haut dit:

 

« Que ceux, donc, qui s'opposent à son commandement prennent garde qu'une épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux. »

(La lumiere-64).

 

Et quelle plus grande épreuve que tu sois favorisé d’un bien que le prophète (Saw), lui-même, ne fut privilégié".

 

Ceci sont des exemples, et les savants ne cessent de contrer les innovateurs dans toutes les époques.

 

2. La voie des gens de la sunna et du consensus dans leur façon de contrer les innovateurs

 

Leur voie dans cela est basée sur le livre et la sunna, et c’est la méthode convaincante et concluante : ils font état des présomptions puis les annihilent. Ils se basent sur le livre et la sunna dans leur argumentation et ils prohibent toute nouveauté religieuse et innovation. Beaucoup d’ouvrages ont été composés à ce sujet. Dans les livres concernant la croyance, ils réfutent le dogme et les dires innovateurs dans les bases de la foi et de la croyance des kharidjites, des djahmiya, des mou’tazila et des acha’ira. Ils ont écrit des livres spécifiques à ce sujet comme l’imam Ahmed dans sa réplique aux djahmiya, comme Othman A-darimi, le cheikh de l’islam Ibn Taimiya et son élevé, Ibn al-Quayim, Le cheikh Mohammed ibn Abdel Wahab et bien d’autres.

 

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Concernant la mise en évidence d’exemples d’innovations contemporaines

 

Elles sont les suivantes :

- La fête de la naissance du prophète (Saw) (al-mawlid).

- La recherche de la bénédiction des lieux, des monuments, des morts et autres.

- Les innovations dans le domaine des adorations et du culte.

 

Les innovations contemporaines sont nombreuses, étant donné l’écart de temps qui nous sépare de l’époque du prophète (Saw), le manque de savoir, le grand nombre des prêcheurs aux innovations et transgressions (religieuses) et l’imitation des mécréants dans leurs coutumes et leurs rites, conformément à la déclaration du prophète (saw) : "vous suivrez certes les voies de ceux qui vous ont précédés".

 

La célébration de la naissance du prophète (Saw)

 

Cette fête est une copie de la noël des chrétiens. Les ignorants parmi les musulmans ou les pseudo savants qui égarent (les gens) célèbrent chaque année, au mois de rabbi’ al-awal, l’anniversaire de la naissance du prophète (Saw). Cette fête a lieu dans les mosquées, les maisons ou dans des endroits aménagés pour cette occasion. Des foules y prennent part, imitant ainsi les chrétiens dans la célébration de Noël. Non seulement cette fête est une innovation et une imitation des chrétiens, mais également, elle ne manque pas de pratiques polythéistes et d’actes répréhensibles, telle la récitation de poèmes contenant des éloges exagérés concernant le prophète (Saw), au point même de l’invoquer et de solliciter son secours en dehors d’Allah. Or le prophète (Saw) a interdit qu’on lui fasse des éloges exagérées, il dit : "Ne me couvrez pas exagérément d’éloges comme l’ont fait les chrétiens à l’égard du fils de Marie. Je ne suis rien d’autre qu’un serviteur, dites alors : "Serviteur d’Allah et son messager".

 

Il arrive même à certaines personnes de croire que le prophète (Saw) assiste à ces cérémonies. Parmi les actes répréhensibles qui accompagnent ces fêtes : les chants mélodieux rythmés en chœur, le battement de tambour et les invocations hérétiques des soufis. Parfois, il s’ajoute la mixité entre les hommes et les femmes, engendrant ainsi la tentation qui incite à la débauche. Et même si on suppose que cette fête soit exempte de toutes ces incommodités, et qu’elle se limite à une simple réunion, à un repas et à une manifestation de joie, comme ils le prétendent, elle demeure toujours une pratique innovatrice et''toute nouveauté est une innovation, et toute innovation est égarement". De plus (ces cérémonies) peuvent s’empirer jusqu’à ce qu’il se produise ce qui est exhibé dans les autres fêtes comme actes illicites.

 

On dit que c’est une innovation, car elle ne repose sur aucune preuve tirée du coran et de la sunna et n’est même pas connue de la pratique des pieux prédécesseurs ayant vécus dans les meilleures générations. Cette fête fut innovée au quatrième siècle de l’hégire par les chiites fatimides. L’imam Abou hafs tadjadin al-fakihany a dit : "J’ai été, à plusieurs reprises interrogé par un groupe de fidèles au sujet de l’assemblée organisée par certaines personnes pendant le mois de rabbi’ al-awal, ils la surnomment al-mawlid. Cela, a-t-il une origine dans la religion ? Ils désiraient une réponse claire et une explication précise. Avec l’aide d’Allah, ma réponse fut la suivante : "Je ne connais ni dans le coran ni dans la sunna une preuve qui appuie cette pratique, elle n’a fait l’objet d’aucune narration des savants de la communauté qui étaient des exemples dans la pratique de la religion et suivaient fermement les pas des prédécesseurs. Il s’agit là d’une innovation fabriquée de toutes pièces par des personnes désœuvrées et avides des passions de l’âme".

 

De son côté, le cheikh de l’islam Ibn Taimiya s’exprima en ces termes : "De même, ce qui a été innové par certains, soit par imitation des chrétiens dans la célébration de la naissance de Jésus, ou soit par amour et admiration à l’égard du prophète (Saw) dont la date exacte de sa naissance fait l’objet d’une divergence d’opinions. Les prédécesseurs ne fêtèrent jamais sa naissance. Si cette fête fut un bien pur ou presque pur, ils nous auraient certainement précédés d’autant plus qu’ils aimaient et admiraient le prophète (Saw) plus que nous et étaient plus soucieux à faire le bien. Cependant l’amour du prophète (Saw) et son admiration consiste à le suivre et à lui obéir, à observer ses ordres, à revivifier sa sunna en apparence et intérieurement, à déployer les efforts dans la propagation de son message par le cœur, la main et la langue. Telle était la voie des premiers musulmans, émigrés et Ansar et ceux qui les suivirent vertueusement.''

 

Des ouvrages spécialisés et des épîtres anciennes et récentes furent rédigés afin de réfuter cette célébration hérétique qui est en même temps une imitation aveugle et une innovation qui engendrent une série d’autres fêtes commémorant la naissance des saints, des cheikhs et dirigeants, ouvrant ainsi de nombreuses portes du mal.

 

La recherche de bénédiction auprès des lieux, des monuments et des personnes vivantes ou mortes

 

Parmi les hérésies inventées par les gens, la recherche de bénédiction auprès des créatures. Ceci est une forme d’idolâtrie et un moyen pour certains de gagner leur vie en soutirant les biens d’autrui.

 

Le terme "tabarrouk", en langue arabe, connote le sens de solliciter la bénédiction. Et la bénédiction signifie : la constance de bien dans une chose et son abondance. Or il n’est pas permis de demander cela sauf à celui qui le détient, c'est-à-dire Allah. Lui seul fait descendre la bénédiction et la rend constante. Il est donc interdit de rechercher la bénédiction en des lieux, des monuments ou auprès de personnes mortes ou vivantes, cela est un acte de polythéisme si celui qui se rend coupable de cela, croit que ces choses procurent de la bénédiction. Toutefois s’il croit que la visite de ces lieux, leur contact ou leur frottement est une cause pour obtenir la bénédiction d’Allah, il emprunte alors une voie susceptible de le conduire au polythéisme.

 

Quant à la pratique des compagnons qui consistait à rechercher la bénédiction dans les cheveux du prophète (Saw), dans sa salive et la sueur sécrétée par son corps, cela était particulier au prophète (Saw) et uniquement pendant son vivant. Après sa mort, ils n’allaient pas auprès de sa tombe, ni fréquentaient les endroits ou il avait prié où il s’était installé, dans le but d’y trouver bénédiction. Les compagnons ne recherchaient pas non plus bénédiction auprès des personnes pieuses comme Abou Bakr, Omar ou d’autres, que ce soit de leur vivant ou après leur mort. Ils ne se dirigeaient pas à la grotte Hira pour y prier ou faire des invocations, ils n’allaient pas au mont a-tour ou Allah parla à Moise, ni d’autres lieux comme les montagnes auprès desquelles sont passés les prophètes. Aucun des compagnons n’embrassa ou ne massa le lieu de prière du prophète (Saw), que ce soit à Médine ou à La Mecque ou ailleurs. S’il n’est pas autorisé de se frotter ou d’embrasser ces endroits, alors que dire des lieux ou un autre que lui pria ou dormit ? Les savants ont su, par (les principes évidents) de la religion de l’islam, que cela n’est pas de la législation du prophète (Saw).

 

Les innovations dans le domaine des adorations et du culte

 

Nombreuses, à notre époque, sont les innovations introduites dans le domaine des adorations. La règle relative au culte est l’interdiction de pratiquer toute adoration sans preuve qui la valide. Par conséquent, tout acte dépourvu de preuve est une hérésie, comme l’indique cette parole du prophète (Saw): "toute pratique non conforme à notre ordre est à rejeter".

 

De nos jours, les actes d’adoration accomplis, démunis de toute preuve, sont très nombreux, parmi eux :

 

- La prononciation de l’intention au moment de prier en disant : "Je formule l’intention d’accomplir pour Allah telle prière". Ceci est une innovation, car c’est une pratique qui n’est pas de la sunna du prophète (Saw). Allah dit:

 

« Dis : ‹Est-ce vous qui apprendrez à Allah votre religion, alors qu'Allah sait tout ce qui est dans les cieux et sur la terre ? › Et Allah est Omniscient »

(Les appartements – 16)

 

La place de l’intention est dans le cœur, c’est donc un acte du cœur et non de la langue.

 

- Prononcer des invocations de manière collective après la prière. Chacun doit plutôt réciter ses invocations rituelles individuellement.

 

- La lecture de la sourate l’ouverture (al-fatiha) dans certaines occasions, après les invocations ou à l’intention des morts.

 

- L’organisation des obsèques, la préparation des repas à la suite d’un décès et louer les services de ceux qui lisent le coran, prétendant que cela est compris dans les condoléances qui profitent au mort. Ce sont des pratiques innovatrices et des fardeaux dont Allah n’a fait descendre à leurs sujets aucune preuve.

 

- La célébration des fêtes dites religieuses, les événements comme l’ascension de l’hégire. Tout ceci n’a aucun fondement.

 

- Les pratiques exercées durant le mois de rajab, comme les adorations spécifiques à ce mois, à l’exemple de la prière et du jeûne surérogatoire. Elles n’ont, en fait, rien qui ne les différencie dans ce mois du reste des autres mois, que ce soit à propos du jeûne, de la prière, des sacrifices ou autres.

 

- Les différentes invocations soufies. Elles sont non conformes aux invocations légitimes dans leur forme et le moment de leur pratique.

 

- Caractériser la nuit du milieu du mois de cha’bane en priant, ainsi que son jour en jeûnant. Il n’y a aucune preuve de la sunna du prophète (saw) à propos de cela.

 

- La construction d’édifices au dessus des tombes, et les prendre comme lieux de prière, leur visite en quête de bénédiction, la sollicitation des morts et autres actes polythéistes. La visite des femmes, alors que le prophète (Saw) a maudit celles qui visitent les tombes. Ceux qui les prennent comme des mosquées ou accrochent auprès d’elles des lanternes.

 

Conclusion

 

Les innovations conduisent tout droit à la mécréance, elles représentent un surplus dans la religion dont Allah et son prophète (Saw) n’ont pas légiférées. L’innovation est pire que les grands péchés, le diable s’en réjouit plus qu’il ne se réjouit des grands péchés, car celui qui commet un grand péché le reconnaît et demande pardon (à Allah) de cela. Par contre, l’innovateur pratique les hérésies en tant que culte, il ne peut donc se repentir de cela. L’innovation prend la place de la sunna et rend la pratique de la sunna, ainsi que ses adeptes, détestables auprès des innovateurs. L’innovation éloigne d’Allah et implique sa colère et son châtiment et cause l’égarement et la détérioration du cœur.

 

Quelle attitude doit-on avoir vis-à-vis des innovateurs

 

Il est interdit de visiter l’innovateur et de s’asseoir auprès de lui, sauf dans le but de lui donner conseil ou de le blâmer, car sa compagnie influence en mal celui qui l’accompagne et le rend agressif envers les autres. Il faut prévenir d’eux et de leur mal si on ne peut les corriger ou les empêcher de pratiquer leurs innovations. Sinon, il incombe aux savants et aux responsables de stopper leurs innovations, de les punir et de réprimander leurs infractions, car leur préjudice envers l’islam est très dangereux. Faut-il savoir également que les états mécréants incitent les innovateurs à propager leurs hérésies et les aident par divers moyens, car, grâce à cela, ils peuvent ainsi annihiler l’islam et discréditer son image.

 

Nous sollicitons Allah de faire triompher sa religion, d’élever son nom et de vaincre ses ennemis.

Prière et salut sur notre prophète Mohammed et sur sa famille et ses compagnons.

 

Traduction terminée et révisée le 4/11/1426 de l’hégire correspondant au 6/12/2005 du calendrier chrétien, nous demandons à Allah la pureté de l’intention dans nos paroles et actes et qu’il nous agrée, il est certes celui qui entend (Sami’) et celui qui répond aux invocations (Moujib a da’wa).

 

La Croyance de l’Unicité

Dr Saleh Ibn Fawzan Al-Fawzan

 

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