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Baladislam

Terre d'IslamVous guide vers le chemin de la vérité


La Guerre Sainte (Djihad)

Publié par Baladislam sur 8 Décembre 2011, 23:00pm

Catégories : #L'Islam

fond islam (141)

 

Est-ce que l'Islam fut propagé à la pointe de l'épée? L'emblème du Musulman, était-il «Le Coran ou l'épée»? Les Musulmans, étaient-ils des impérialistes assoiffés du pouvoir temporel et de butin?

 

Certaines gens se plaisent à y penser affirmativement; d'autres négativement, et certains sont indécis, perplexes et hésitants. Mais quelle est l'attitude du Coran? Qu'est-ce que l'histoire de Muhammad révèle t-elle à cet égard? Il est certainement impératif à toute personne honnête qui respecte la vérité et la dignité humaine de faire ses propres recherches et de révéler ses découvertes aux autres.

 

Le Coran fait clairement ressortir que, que nous le voulions ou non, la guerre est une nécessité de l'existence, un fait de la vie, aussi longtemps qu'il y a dans le monde injustice, oppression, ambitions capricieuses et revendications arbitraires. Cela peut paraître étrange. Mais n'est-ce pas un fait d'histoire que l'humanité - dès l'aube de l'histoire jusqu'à nos jours - a souffert des guerres régionales, civiles et mondiales?

 

Et n'est-ce pas aussi un fait que, plus souvent, les alliés victorieux tranchent leurs différends au sujet de leurs conquêtes et du statut de leurs ennemis vaincus par les guerres et les menaces de guerre? Même aujourd'hui l'humanité vie dans la crainte sur plusieurs points chauds du monde. Dieu peut-il nier ces faits de la vie?

 

Ou le Coran peut-il manquer de traiter cette affaire d'une façon réaliste et effective? Certainement non!

 

Et c'est pourquoi l'Islam reconnait la guerre comme un moyen licite et justifié d'auto-défense et de restaurer la justice, la liberté et la paix. Le Coran dit:

 

«Il vous est prescrit de combattre et c'est une obligation qui vous pèse. C'est ainsi qu'il vous arrive de détester ce qui vous convient et, au contraire, de rechercher ce qui vous est nuisible. Allah le sait, mais vous, vous ne le savez pas.» (2:216)

 

«Si Allah ne dressait pas les peuples les uns contre les autres, la terre retournerait au chaos. Mais Allah est plein de bonté envers les hommes.» (2:251)

 

«Si Allah n'opposait pas les peuples les uns aux autres, ou aurait tôt fait de voir tomber en ruine des clochers, les églises, les synagogues et les mosquées, tous lieux où retentit le nom de Dieu.» (22:40)

 

Quoique réaliste dans son approche l'Islam ne tolère jamais l'agression de sa part ou de quelque autre part, ni admet-il les guerres d'agressivement ou l'initiation des guerres d'agression. Dieu commande aux Musulmans de ne pas commencer les hostilités, ni de s'embarquer dans quelque acte d'agression on de violer les droits des autres. En sus de ce qui a déjà été dit dans le chapitre précédent, certains versets particuliers du Coran ont une portée significative:

 

«Combattez dans la voie de Dieu contre ceux qui vous combattent. Mais respectez les lois du combat car Dieu ne veut pas qu'on les trangresse.Tuez-les ou que vous les trouviez. Boutez-les de là où ils vous ont boutés. L'insécurité est pire que la mort. Ne les combattez pas dans l'oratoire sacré à moins qu'ils ne vous y attaquent. S'ils vous y attaquent, tuez-les. C'est le sort qui est reservé aux infidèles. S'ils cessent le combat, pardonnez-leur. Combattez-les jusqu'a ce que tout danger soit écarté et que la religion de Allah soit bien assise. S'ils cessent le combat, abstenez-vous de toutes représailles si ce n'est contre les méchants.» (2: 190-193)

 

La guerre n'est pas un objectif de l'Islam ni est elle l'activité normale des musulmans. Ce n'est que le dernier recours ut!lisé dans les circonstances les plus exceptionnelles quand toutes les autres mesures échouent. Voilà la vraie valeur de la guerre en Islam. L'islam est la religion de paix; il signifie la paix, l'un des noms de Allah est paix; le paradis est la maison de paix; la salutation quotidienne des musulmans et des anges est paix, le qualificatif «Musulman» signifie Paisible. La Paix est la nature, la signification, l'emblème et l'objectif de l'Islam. Chaque être a droit de jouir de la paix de l'Islam et de la bonté des Musulmans paisibles, sans distinction de religion, de région ou de race, aussi longtemps qu'il n'y a pas d'agression contre l'Islam ou les Musulmans. Si les non Musulmans sont en paix avec les Musulmans ou même indifférents à l'Islam, il ne peut y avoir de raison ou de Justification de leur déclarer la guerre. Il n'existe pas de guerre religieuse pour imposer l'Islam sur les non-Musulmans, car si l'Islam ne provient p~s de convictions fermes, de l'intérieur, il n'est pas accepté par Dieu, ni peut-il aider celui qui en fait la profession.

 

S'il y a quelque religion ou constitution qui garantisse la liberté paisible de foi et interdise la contrai te en religion, c'est l'Islam seul. Le Coran traite ce point de la façon suivante:

 

«Plus de contrainte dans la religion maintenant que le vrai se distingue de l'erreur. Celui qui rejette l'erreur et qui croit en Allah est semblable à celui qui est accroché à une anse solide, indéachable. Allah entend et sait tout.» (2:256)

 

Même pour propager l'Islam il n'est pas seulement interdit au Musulman d'employer la force mais il lui est aussi ordonné d'utiliser les méthodes les plus pacifiques. Allah dit à Muhammad:

 

«Rallie les hommes au culte de ton Seigneur par de sages et persuasifs appels. Si tu dissentes avec eux, sois modéré. Allah connait mieux que quiconque ceux qui cherchent à d'écarter de Lui et ceux qui recherchent à s'approcher de Lui.» (16:125).

 

«Ne discutez pas avec les gens d'Ecritures que d'une manière courtoise, si ce n'est quand ils sont mal intentionnés. Dites: nous croyons en ce qui nous a été révélé et en ce qui vous a été révélé. Notre Dieu et le vôtre ne font qu'un. Et nous lui sommes soumis.» (29:46)

 

Si l'Islam est tellement désigné pour la paix et si les Musulmans se dévouent tant à la paix, et si le Coran est en faveur de la paix, pourquoi alors Muhammad fit-il la guerre et dirigea-t-il des batailles? Pourquoi le Coran dit-il «tuez-les» et «combattez-les»?

 

Pour examiner cette question apparemment innocente, il est indispensable de mentionner certains faits historiques accompagnant et anticipant les guerres des Musulmans contre les infidèles.

 

Après avoir reçu la commission de Dieu, Muhammad convoqua une réunion publique et dit à l'assemblée ce qu'il avait reçu, les invita s abandonner leur idolâtrie et de croire au Vrai Dieu Unique. Son premier appel pacifique et logique ne rencontra pas seulement de la résistance mais aussi des huées, des railleries et le rire. Il essaya continuellement de présenter l'Appel sacré à son peuple mais eut peu de succès. N'ayant pas la liberté de prêcher l'Islam ouvertement, il dut avoir recours à la prêche en secret pour sauver la vie de ses quelques disciples et diminuer leurs peines. Quand il reçut l'ordre de Dieu de prêcher ouvertement, les persécutions et la torture augmentèrent et furent brutalement infligées au Musulmans. Mais plus les persécutions augmentaient, plus le nombre de Musulmans s'élevait. Les infidèles employaient toutes sortes de pression et de tentation pour réduire au silence l'Appel de Dieu. Mais plus ils éprouvaient, plus Muhammad et les Musulmans tenaient ferme. Quand les infidèles échouèrent à ébranler la Foi des Croyants par les menaces, la pression, la confiscation des biens, les railleries etc., ils organisèrent un cruel boycottage, une violente campagne d'ostracisme contre les Musulmans.

 

Pendant quelques années, les Musulmans étaient forcés de vivre dans un cercle très restreint, ne pouvant pas prêcher, ni acheter, ni vendre, ni se marier, ni correspondre avec un de leurs concitoyens mecquois. Même cela n'ébranla pas la Foi des Musulmans.

 

Le boycottage continua jusqu'à ce que les infidèles eux-même, las de son observance, y mirent fin.

 

La levée de l'interdiction ne signifiait guère la paix ou anticipation de tranquillité de la part des infidèles.

 

Au contraire, pressions et persécutions continuèrent en augmentant rapidement, mais ce furent en vain contre les Musulmans. Finalement, les in- fidèles tinrent à huis clos une conférence au sommet pour discuter quoi faire ensuite pour éliminer l'islam et se débarrasser de Muhammad une fois pour toutes. Il fut résolu unanimement de choisir un homme fort de chaque tribu pour assassiner Muhammad dans son lit. La mission de Muhammad n'était pas destinée à prendre fin à ce stade-là. Dieu lui demanda donc de quitter la Mecque, sa chère ville natale, et d'émigrer à Médine pour rejoindre les émigrés qui avaient fui de la Mecque à Médine (Voir Coran 8:30; 9:40). Ce fut le grand Évènement de Hidjrah ou Emigration par où débute l'histoire de l'Islam et sur lequel est basé le calendrier musulman.

 

En fuyant la Mecque, les Musulmans furent forcés par diverses circonstances de laisser derrière eux pratiquement tous leurs biens, objets et leurs familles Sitôt établis à Médine, Muhammad reprit sa prêche pacifique et sa gracieuse invitation à l'Islam. Quelques indigènes répondirent favorablement à l'Appel de Dieu et devient tout de suite membres à part entière de la communauté musulmane. D'autres n'embrassèrent pas l'islam mais retinrent leurs croyances traditionnelles.

 

Et puisque Muhammad se vouait à la paix dans la dignité et à la réforme; il conclut des traités avec les non-Musulmans, leur assurant la liberté et la sécurité et créa pour la première fois dans leurs coeurs une conscience socio-nationale au lieu de l'étroite allégeance tribale.

 

Tandis que Muhammad s'occupait des ces réformes, essayant d'organiser la communauté musulmane à Médine et de poser la fondation d'une société paisible et stable ou Musulmans et non-Musulmans pourraient vivre côte à côte, les ennemis à la Mecque étaient inquiets. Ils brûlaient de haine pour les Musulmans et leur détermination d'éliminer l'islam s'affermissait chaque jour. Ils révisèrent leur tactique et, sitôt leurs nouveaux plans furent prêts, ils les mirent en exécution. Ils décidèrent de créer des ennuis pour les Musulmans à l'intérieur aussi bien qu'à l'extérieur.

 

Ils organisèrent des raids pour piler et attaquer Médine et rentrer à la Mecque avec tout butin qu'ils pourraient obtenir. Les non-Musulmans de Médine devenaient de plus en plus envieux de la popularité de l'Islam et du nouvel esprit de fraternité parmi les Musulmans, quelque chose qu'eux-même ne ressentaient pas ou n'aimaient pas particulièrement que l'on ressentit. Aussi, les ennemis à la Mecque se hâtèrent ils d'exploiter la situation et de créer des troubles pour les musulmans. La réaction des non-Musulmans envieux de Médine à l'instigation des Mecquois fut rapide et manifeste, et des troubles sérieux éclatèrent partout à Médine.

 

Les Musulmans étaient donc constamment menacés de l'intérieur par les mécontents à Médine aussi bien que par les raids organisés de la Mecque. Ils étaient poussés au point de ne plus pouvoir supporter des persécutions et des menaces. Ils étaient forcément séparés de leurs familles. Leurs biens étaient confisqués.

 

Leur sang coulait. Ils étaient obligés de quitter leur ville natale en trois vagues d'émigration: deux en Abyssinie et une à Médine. Ils souffrirent treize ans durant. Avec les nouvelles tactiques des ennemis mecquois il ne restait plus aux Musulmans qu'à attendre leur annihilation final par un massacre en masse ou à se défendre contre l'oppression et la persécution.

 

Cela devrait être paradoxal. L'Islam vint pour leur assurer la dignité et la force, la liberté et la sécurité, et pour les unir à Allah, la Source Suprême de bonté et de secours, de pouvoir et de paix. Et pourtant, les voilà sans secours et anxieux, menacés et terrifiés. L'Islam les chargeait d'établir la paix, de commander le bien et d'empêcher le mal, de soutenir les opprimés et émanciper les subjugués, et de prouver combien les serviteurs de Allah peuvent compter sur Son aide. Mais comment pouvaient-ils le faire quand eux-mêmes étaient opprimés, terrorisés et sans secours?

 

Ce qui les inquiétait le plus c'est que le Coran avait gardé le silence sur ce problème et ne leur avait pas donné d'instructions spécifiques de ce qu'il fallait faire. Leur inquiétude ne dura pas longtemps, et Dieu allégea leur chagrin grâce à une résolution divine de résoudre leurs problèmes ainsi que le problème de ceux qui se trouveraient dans un situation similaire.

 

Voici les termes de Sa résolution:

 

«Dieu défend ceux qui ont la foi. Il n'aime pas les perfides et les impies. Témoignage est donné aux victimes d'une agression de l'injustice perpétrée contre eux. Dieu peut les rendre victorieux. Ceux qui ont été exilés uniquement pour avoir dit: «Notre Maître est Dieu.» Si Dieu n'opposait pas les peuples les uns aux autres, on aurait tôt fait de voir tomber en ruine les clochers, les églises, les synagogues et les mosquées, tous lieu où retentit le nom de Dieu. Dieu est toute force et toute gloire. Il défend ceux qui, après avoir été consolidés sur terre, observent leurs prières, font l'aumône, recommandent les bonnes actions et condamnent les mauvaises. C'est Dieu qui arbitre toutes choses.» (22: 38-41)

 

Cette permission étant obtenue de Dieu, on ne pouvait plus persécuter ou opprimer les musulmans.

 

Ils étaient résolus à restaurer la tranquillité, à recouvrer leur paix et leur liberté, rejoindre leurs familles et reprendre leurs biens. Il y eu des batailles et des guerres contre les perfides infidèles qui refusaient ouvertement aux Musulmans la paix et la liberté. Mais jamais il y eut, de la part des Musulmans, de l'agression ou de destruction d'habitats, de récoltes, de marchandises etc. ou de massacre d'enfants, de femmes, de vieux et d'invalides non-combattants. Les musulmans observaient ces règles et restaient dans les limites prescrites par Dieu. On n'avait pas vu cela auparavant, ni l'a-ton vu après. C'est dans ces circonstances que les Musulmans devaient se battre, et c'est grâce à ces principes et instructions de Dieu qu'ils gagnèrent à la fin des victoires décisives.

 

On a tant parlé de et écrit sur les Musulmans «brutaux» qui émergèrent des déserts brûlants et arides de l'Arabie noire pour conquérir les protectorats romains et persans, et même s'aventurer jusqu'aux murs de l'Europe. Beaucoup ont exprimé l'opinion que ces Musulmans étaient motivés par le zèle religieux pour propager l'Islam par la force aussi loin qu'ils pouvaient parvenir. Beaucoup d'autres considèrent que cette opinion est bête et naïve, car l'Islam - de par sa nature - ne peut être imposé; et si on l'avait imposé sur les peuples vaincus il n'aurait pu durer longtemps et les non-musulmans auraient été liquidés des régions conquises. L'histoire est témoin du fait que là où l'Islam parvint il survécut - à l'exception de l'Espagne pour certaines raisons, et là où les conquérants musulmans sont allés ils on vécu côte avec les indigènes non-musulmans. Ils soutiennent aussi qu'on ne peut imposer une religion comme l'Islam sur quelqu'un et le trouver aussi sincère et honnête dans sa foi comme le furent les convertis musulmans des contrées nouvelles. Il faut plus que la contrainte pour faire d'un peuple vaincu de si bons Musulmans, et il faut beaucoup plus que la répression pour les faire observer et chérir la religion «imposée».

 

Ceux qui se plaisent à se faire appeler intellectuels ou critiques et autorités éclairées, adoptent un autre cours de pensée. Ils ne sont pas satisfaits avec cette opinion bête et naïve au sujet de la propagation de l'Islam par la force. Ils attribuent l'expansion de l'islam aux guerres d'agression déclenchées par les Musulmans qui suffoquaient dans la chaleur et la sécheresse de l'Arabie, et étaient simplement poussés par les besoins et les circonstances économiques. Ces guerres et aventures n'étaient pas religieuses ou spirituelles mais simplement le résultat des besoins pressants.

 

Cela peut signifier que les arabes n'avaient pas atteint un si haut niveau de sacrifice et de dévouement ou qu'après le décès de Muhammad ceux qui lui survécurent et les leurs perdirent tout intérêt dans la religion et se mirent à satisfaire leurs besoins immédiats.

 

Il peut aussi signifier que l'Islam est lui-même incapable de créer une telle ferveur et un tel zèle chez ses guerriers arabes. Cela peut être interprété de plusieurs façons, et les «intellectuels» de cette opinion sont in- certains quant à la probabilité qui doit être préférée aux autres.

 

Il y a encore un autre cours d'opinion adopté par certaines gens qui attribuent les guerres des musulmans hors de l'Arabie à la soif passionnée du pillage et de la razzia. Il n'arrivent à trouver aucune raison ou à apprécier aucun appel chez les Musulmans, sauf la soif du sang et le désir du pillage. Ils refusent de voir quelque vertu en Islam et d'associer les Musulmans à quelque motif supérieur.

 

La dispute entre ses différents groupes est assez sérieuse et prend parfois allure de débat académique.

 

Mais qu'importe. La vérité est qu'aucun de ces critiques n'a pris la peine de comprendre toute la question et de présenter la vérité de quelque façon honnête.

 

Aucun d'eux n'a eu la perspicacité nécessaire et le courage moral de présenter la vraie version de toute l'affaire. Que leur charge sera lourde lorsqu'un jour ils s'apercevront qu'ils ont trompé et mal informé des millions de gens! Combien sérieuse sera leur responsabilité quand ils sauront qu'ils ont commis de graves offenses contre la vérité, contre les Musulmans et contre leurs propres disciples!

 

Il sera impossible de présenter ici le point de vue islamique sur chaque guerre ou bataille. Cependant, certains points saillants qui seront mentionnés donneront une idée satisfaisante de tout le problème:

 

1. Il faut se rappeler que Muhammad, nommé par Allah comme grâce pour toute l'humanité essaya d'approcher les dirigeants des territoires voisins, les invitant à embrasser l'Islam et à obtenir la grâce de Dieu. Il faut aussi se rappeler que, non seulement ils refusèrent sa gracieuse invitation mais le ridiculisèrent et déclarèrent ouvertement des guerres contre les Musulmans. Durant son existence, les soldats romains et persans traversèrent les frontières musulmanes pour effectuer plusieurs razzias. Par conséquent, à son décès, les musulmans étaient involontairement en guerre avec leurs voisins.

 

Cet état de choses continua et tout ce qui est arrivé dans les générations postérieures doit être considéré dans le contexte de ces premiers incidents. Cela signifiait qu'à cette époque-là toute la chrétienté, y compris l'Espagne et la France, était en guerre avec le monde naissant de l'Islam. L'aventure des musulmans en Europe doit aussi être vue à ·la lumière de ces circonstances.

 

Le fait que toute la Chrétienté agissait comme une seule puissance est démontré par l'autorité absolue de la papauté romaine sur tous les chrétiens.

 

Il a aussi été démontré par la mobilisation générale des puissances chrétiennes contre l'Islam pendant les Croisades du Moyen Age et même celle du premier quart du vingtième siècle.

 

Donc, quand Rome eut sanctionné la guerre contre l'Islam, on ne pouvait refuser aux Musulmans le plein droit de se battre sur n'importe quel champ de bataille, fut-ce en Palestine ou dans le Croissant Fertile, en Italie ou en Hongrie. C'est ce qui les mena jusqu'en Espagne et au Sud de la France. Ils ne pouvaient se permettre d'être encerclés de tous côtés par les grandes puissances de Rome et de la Perse. Ni pouvaient-ils simplement attendre à se faire disparaître de la surface de la terre. Des ordres furent donnés à Rome de tuer Muhammad et présenter sa tête tranchée à la cour royale, chose que les romains paiens avaient fait aux premiers pionniers chrétiens. Il faut cependant admettre que certaines guerres des siècles postérieurs n'ont rien à voir avec l'Islam, quoiqu'elles furent livrées par des Musulmans. Elles n'étaient pas pour la propagations de l'Islam. Elle étaient plutôt motivées par certaines raisons locales et, peut-être personnelles. Une agression est une agression, que ce soit de la part des Musulmans ou contre eux, et l'attitude de l'Islam vis-à-vis de l'agression est connue et inéchangeable. Donc, s'il y a eu agression dans les guerres postérieures, elle ne pouvait être justifiée par l'Islam-ou acceptable à Dieu.

 

2. Aucun de ces critiques mentionnés n'essaie de comprendre la nature et les circonstances de ces premiers siècles. Les moyens de communication avec la masse n'existaient pas. Il n'y avait pas de presse ou radio ou télévision ou même de courrier régulier. Il n'y avait pas de moyen d'informer le public ou de prêcher au public sauf par contacts personnels. Il n'y avait pas de respect de la vie, des biens ou d'honneur ou des traités d'individus et des nations faibles. Il n'y avait pas de sécurité ou de liberté d'expression.

 

Quiconque défendait une noble cause ou manifestait des croyances impopulaires était menacé. Cela est mis à jour dans l'histoire de Socrate, le philosophe grec, des pionniers chrétiens, et des premiers musulmans.

 

Plusieurs émissaires chargés de délivrer des messages spéciaux aux rois et gouverneurs ne revinrent jamais vivants. Ils étaient froidement massacrés ou capturés par leurs hôtes mêmes.

 

Les Musulmans d'Arabie devaient faire face à toutes ces dures épreuves et travailler dans toutes ces circonstances. Il avait un message à délivrer à l'humanité, une contribution à apporter à l'humanité, et une formule de salut à offrir. Le Coran dit d'inviter au Culte de Allah par de sages et persuasifs appels, et de discuter avec la plus grande gentillesse. Mais qui était prêt à écouter à l'Appel paisible de Dieu? C'est un fait que plusieurs mécréants évitaient d'entendre le Prophète de peur qu'ils ne soient affectés par sa paisible prêche. Ils s'efforçaient même de résister à l'Appel paisible de l'Islam. La première expérience de l'Arabie apprit aux Musulmans qu'il est plus efficace d'être paisible et de se tenir en même temps sur ses gardes; qu'on ne peut se déplacer en paix que lorsqu'on est assez fort pour protéger sa paix; que la voix de paix retentit mieux quand on est capable de résister à la pression et d'éliminer l'oppression.

 

Or, ils devaient, par ordre de Dieu, faire connaître l'Islam au monde extérieur, mais il y avait ni système de télécommunication, ni presse, ni aucun médium de communication de masse. Il n'y avait qu'un moyen à savoir, des contacts personnels et directs, ce qui signifiait qu'ils devaient traverser les frontières. Mais ils ne pouvaient le faire en petits groupes ou sans armes. Il devaient donc se déplacer en grands groupes protégés qui devraient avoir l'air d'une armée, mais qui n'était pas une armée dans le sens réel. Ils traversèrent les frontières dans différentes directions, à différents moments. Ce qui se passa alors mérite considération. Dans certaines régions ils furent chaleureusement accueillis par les indigènes qui étaient depuis longtemps opprimés et subjugués par les puissances étrangères de Rome et de Perse. Dans d'autres régions ils devaient d'abord présenter l'Islam à ceux qui étaient prêts à l'accepter, et ceux-ci furent nombreux. A ceux qui n'embrassaient pas l'Islam on demandait de payer les tributs équivalant à la taxe islamique (Zakah). Les raisons de réclamer ce genre d'impôt étaient: qu'ils voulaient s'assurer que ce contribuable savait ce qu'il faisait, que l'islam lui avait été présenté et il l'avait refusé de son propre gré; qu'ils s'engageaient à protéger le contribuable et à garantir sa sécurité et sa liberté de la même manière que pour le Musulman lui-même, car tout danger pour lui était un danger pour son compatriote musulman - et, pour défendre le Musulman ils devaient défendre le non-Musulman et assurer sa sécurité; que le nouvel état des choses réclamait l'appui et la coopération de toutes les sections, musulmans et non-musulmans également: les premiers au moyen de la Zakah et le second au moyen des tributs, qui étaient dépensés dans l'intérêt public; et qu'ils voulaient être sûrs que le contribuable n'était pas hostile envers eux et leurs nouveaux coreligionnaires, ou enclin à causer des ennuis à ses compatriotes musulmans.

 

Ceux qui réprouvaient l'Islam et refusaient de payer les tributs en collaboration avec les autres sections pour soutenir leur État rendaient la situation difficile pour eux-mêmes. Ils adoptaient un cours hostile dès le début et se proposaient de créer des ennuis pas autant pour les nouveaux venus Musulmans que pour les nouveaux convertis musulmans et leurs compatriotes qui payaient les tributs. Cette attitude était perfide dans un sens national, mesquine dans un sens humain, insouciante dans un sens social et provocante dans un sens militaire. Mais dans un sens pratique il fallait la réprimer, pas autant pour le confort des nouveaux venus que pour l'État où ces traitres eux-mêmes vivaient. C'est le seul cas ou la force était utilisée pour ramener de tels gens à la raison et les faire réaliser leurs responsabilités; soit en tant que Musulmans en acceptant l'Islam de plein gré, soit en tant que citoyens loyaux payant leurs tributs, capables de vivre à côté de leurs compatriotes musulmans et partageant avec eux droits et devoirs égaux.

 

3. Il serait sage de la part de ces critiques d'étudier le Coran avec des intentions honnêtes pour voir ce qu'il ordonne concernant la guerre et la paix ou il serait encore plus sages s'ils faisaient des recherches sur le statut des peuples «conquis» et les conditions dans lesquelles il vivaient avant et après leur contact avec les Musulmans. Que diront-ils s'ils découvrent que des appels urgents étaient lancés aux Musulmans par des indigènes des protectorats persans et romains pour venir les délivrer de la domination étrangère opprimante? Que penseront-ils s'ils arrivent à découvrir que les «conquérants» musulmans étaient accueillis avec joie par le peuple aussi bien que par les chefs religieux, qui désiraient la protection musulmane et la justice administrative musulmane? Comment expliqueraient-ils le phénomène que certains peuples «conquis» non seulement accueillaient les Musulmans «envahisseurs» mais se battaient aussi côte à côte avec eux contre les tyrans? Comment concevraient-ils la prospérité, la liberté et le progrès des régions «envahies» sous l'Islam en comparaison de ce qui y prévalait avant?

 

Nous n'assumons aucun point de vue particulier sur cette affaire, ni tirons-nous des conclusions hâtives.

 

Nous croyons simplement que la question vaut la peine d'être reconsidérée et mérite de sérieuses enquêtes.

 

Les découvertes seront certainement intéressantes et significatives. Peut-être, un esprit occidental peut-il mieux comprendre si tout le problème est considéré à la lumière des conditions qui prévalent dans le monde contemporain. Le grand souci des alliés occidentaux au sujet de Berlin, les appels des opprimés partout, l'anxiété des sud-Coréens, les craintes des Laotiens, l'affaire OTAN, les affaires de OTSEA (SEATO) l'instabilité des satellites communistes – tout peut aider l'esprit occidental à comprendre les évènements de ces siècles lointains et les vrais principes des Musulmans de ces temps-là.

 

4. L'idée que les guerres des Musulmans à l'étranger étaient motivées par les besoins économiques des arabes vaut aussi la peine d'être prise en considération.

 

Quoiqu'apparemment sûrs de leurs propres présomptions, ceux qui soutiennent une telle idée n'ont pas réellement étudié le cas sérieusement. Pensent-ils honnêtement que les besoins économiques étaient la raison qui avait poussé les Musulmans à traverser leurs frontières arabes? Sur quoi se basent-ils pour présumer que l'Arabie - avec ses anciens centres de commerce, ses vallées et oasis - ne pouvait plus produire assez pour les Musulmans? Ont-ils faits de sérieuses recherches pour savoir combien les Musulmans «envahisseurs» prenaient-ils pour eux-mêmes, combien ils distribuaient parmi le peuple sous leur gouvernement et combien ils envoyaient à l'Administration Centrale à Médine ou Damas ou Bagdad ou Caire? Ont-ils comparé les revenus de territoires «envahis» avant et après l'Islam pour savoir si les «envahisseurs» étaient oui ou non de simples aventuriers égoïstes de commerce? Ont-ils des raisons de croire que ces Musulmans prenaient plus que ce qu'ils donnaient, ou retiraient plus qu'ils ne déposaient, ou profitaient de leurs investissements? Ont-ils trouvé quelque pièce à conviction pour prouver que le Gouvernement Central en Arabie avait à quelque moment reçu de ses protectorats «conquis» des tributs ou des impôts dont on avait besoin pour le développement de ces protectorats mêmes, et, si oui, quelle en était la valeur? En valait-il la peine de s'aventurer dans le monde inconnu? Ont-ils réuni des renseignements certains pour démontrer que l'Arabie était privilégiée ou recevait-elle de préférence en matière de dépenses ou de développement aux dépens des régions «envahies»?

 

Enfin, est-ce que l'Arabie sentit-elle soudain la menace d'une 'explosion démographique' , ce qui obligea les Musulmans à entreprendre des guerres aventureuse et/ou des explorations économiques?

 

Essayer d'interpréter les contacts des Musulmans avec les non-musulmans en termes de besoins économiques peut paraître originale et digne de sympathie, mais ne parait pas contenir beaucoup de vérité ou avoir beaucoup de rapport avec l'érudition sérieuse.

 

La moindre réserve qu'on peut exprimer à l'égard de cette tentative, c'est qu'elle est loin d'être satisfaisante et complète. Il y a encore tant à faire en matière de recherche, d'investigation, d'analyse et de comparaison.

 

Aussi longtemps que cela n'est pas fait, aucun critique n'a le droit moral de faire passer ses propres présomptions théoriques comme valides ou obligatoires. C'est là une autre gracieuse invitation de l'islam à tous les critiques à essayer sérieusement de rechercher la vérité.

 

5. Il n'y a pas grand lieu de prendre au sérieux les opinions de ceux qui interprètent les guerres des Musulmans en termes de pillage et de maraude.

 

Qu'est-ce qui peut être plus désinvolte ou plus cliché qu'une telle opinion? .C'est un raccourci dans le domaine d'érudition et un moyen facile de résoudre des problèmes intellectuels et moraux, mais c'est tellement loin de la vérité. Les mêmes questions que pour les points 3 et 4 plus haut peuvent être reposées, afin de découvrir combien de butins les aventuriers musulmans avaient pris ou envoyés en Arabie et combien de leurs hommes étaient rentrés avec des butins. Et cela sans mentionner le progrès, la renaissance et la prospérité des territoires «pillés» sous le gouvernement de ces mêmes «maraudeurs». Sans aussi mentionner les cruelles persécutions et les pertes considérables des vies et des biens infligées aux Musulmans, ou les provocations et les menaces lancées à leur endroit. C'est simplement un appel à ceux qui sont d'une telle opinion d'étudier le cas avec plus de soin et de présenter des conclusions plus responsables. Ils doivent cependant retenir que tout butin amassé par les Musulmans était peu, comparé aux pertes qu'ils avaient subies par confiscation, usurpation, persécution et autres actes de provocation de la part des camps hostiles.

 

Que les critiques de différentes classes acceptent ou non le point de vue de cet exposé, le fait reste que l'Islam est la religion de la paix dans le sens le plus complet de ce terme; que la guerre injuste n'a jamais fait partie de ses enseignements; que l'agression n'a jamais été une de ses doctrines ou tolérée par lui; que la force ne fut jamais employée pour l'imposer sur quiconque; que la propagation de l'Islam par l'épée n'a jamais été pardonnable par Allah ou acceptable à l'Islam; et que celui qui déforme ou dénature les enseignements islamiques fait plus de mal à lui-même et à ses associés qu'à l'Islam. Parce que c'est la religion de Allah et le chemin qui mène droit à Lui, il a survécu aux conditions les plus difficiles et il survivra pour être le pont sûr vers l'heureuse éternité. Si ces critiques ont quelque doute sur ce fait, ils feraient mieux d'étudier l'Islam, relire le Coran et rafraichir leurs souvenirs de l'histoire.

 

Le fait que la prospérité économique et la renaissance culturelle suivirent la propagation de l'Islam dans les régions «conquises» ne signifie pas nécessairement que les Musulmans étaient en quête de gains économiques et de butins militaires. Même si ces prétendus gains et butins devinrent des stimulants aux époques ultérieures de l'histoire islamique, cela ne signifie quand même pas que l'Islam préfère la guerre à la paix et que les Musulmans ont le goût des butins. Il y a de meilleures explications. L'une d'elles doit être claire à ceux qui sont familiers avec le débat classique entre l'Éthique Protestante et l'esprit capitaliste où le Protestantisme, associé à d'autres facteurs, aboutit à l'avènement du capitalisme moderne. Aucun esprit sérieux ne soutiendrait que les Protestants développèrent leur éthique afin de prospérer économiquement ou que le capitalisme moderne dépend toujours de l'éthique protestante.

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