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Baladislam

Terre d'IslamVous guide vers le chemin de la vérité


Quelques éléments de la vie de Jacob et l'histoire de son fils Joseph, sur lui le salut par Ibn Kathir partie 3

Publié par Baladislam sur 7 Mars 2011, 23:02pm

Catégories : #Les histoires des Prophètes

Fond écran islam coran (177)

Joseph a dit à celui qui allait être délivré, c'est-à-dire le serveur,

 

« Parle de moi auprès de ton maitre» ;

 

c'est-à-dire, plaide ma cause auprès de ton maitre, et rappelle-lui que je suis emprisonné sans avoir commis de délit. Il y a là, une preuve qu'il est permis de recourir aux moyens et aux causes secondes, car cela n'est pas incompatible avec la confiance en Dieu.

 

Quant à cette parole de Dieu :

 

«Mais le diable fit qu'il oublia de rappeler (le cas de Joseph) à son maitre »,

 

veut dire que le diable fit oublie à celui qui sortit de prison de transmettre la doléance de Joseph à son maitre. C'est l'avis de Mujaqhid, Muhammad Ibn Ishâq et d'autres ; c'est l'avis le plus plausible les gens du Livre.

 

« Joseph resta donc en prison quelques années ».

 

L'expression "quelques années" signifie entre trois et neuf ans.

 

« Et le roi dit : "En vérité, je voyais (en rêve) sept vaches grasses mangées par sept maigres ; et sept épis verts, et autant d'autres secs. 0 conseil de notables, donnez-moi une explication de ma vision, si vous savez interpréter le rêve." Ils dirent : "C'est un amas de rêves ! Et nous ne savons pas interpréter les rêves! Or, celui des deux qui avait été délivré et qui, après quelque temps, se rappela, dit : "Je vous en donnerai l'interprétation. Envoyez-moi donc." -"O toi, Joseph, le véridique! Éclaire-nous au sujet de sept vaches grasses que mangent sept très maigres, et sept épis verts et autant d'autre, secs, afin que je retourne aux gens et qu'ils sachent (l'interprétation exacte du rêve)." Alors (Joseph dit) : "Vous sèmerez pendant sept années consécutives. Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi, sauf le peu que vous consommerez. Viendront ensuite sept années de disette qui consommeront tout ce que vous aurez amassé pour elles sauf le peu que vous aurez réservé (comme semence). Puis, viendra après cela une année où les gens seront secourus (par la pluie) et iront au pressoir." » (12,43-49)

 

Ce fut là l'une des causes de la sortie de Joseph de prison, honoré et respecté.

 

Le roi qui avait vu cette vision, était le monarque d'Égypte ar-Rayan fils d'al-Walid, fils de Tharwan, fils de Urasha, fils de Fâran, fils de 'Amrû, fils de 'Imlaq, fils de Lâwudh, fils de Sem, fils de Nûh. Les gens du Livre disent qu'il avait vu comme s'il était sur le bord d'un fleuve lorsque sept vaches grasses sont montées du fleuve et tandis qu'elles paissaient sur le rivage, sept autres vaches maigres montèrent du fleuve derrière elles et les dévorèrent. II se réveilla en sursaut, épouvanté par ce rêve. II se rendormit ensuite et vit sur une même tige sept épis verts qu'engloutissaient bientôt sept épis secs. Il se réveilla de nouveau épouvanté. Le lendemain, il raconta son rêve aux notables de son peuple, mais ceux-ci ne savaient pas interpréter les rêves et ils lui dirent :

 

« C'est un amas de rêves ! Et nous ne savons pas interpréter les rêves! »

 

A cet instant, le serveur de vin qui assistait à la scène se rappela de Joseph qu'il avait oublié. Devant l'incapacité des notables à interpréter le rêve de son maitre, il proposa d'aller chercher l'interprétation des rêves auprès de Joseph. C'est pour cela que Dieu dit:

 

« Or, celui des deux qui avait été délivré et qui, après quelque temps se rappela, dit : "Je vous en donnerai l'interprétation. Envoyez-moi donc" »,

 

c'est-à-dire auprès de Joseph. Il se rendit auprès de lui et lui dit :

 

« O toi, Joseph, le véridique ! Éclaire-nous au sujet de sept vaches grasses que mangent sept très maigres, et sept épis verts et autant d'autres secs, afin que je retourne aux gens et qu'ils sachent (l'interprétation exacte du rêve) ».

 

Joseph, sur lui le salut, déploya alors ce qu'il avait comme science en ce domaine, sans hésiter, sans exiger de condition et sans demander à être délivré. Bien plus, il répondit à leurs questions et leur expliqua le rêve prémonitoire fait par le roi, qui annonçait la venue de sept années d'abondance, suivies de sept autres de disette :

 

« Puis, viendra après cela, une année ou les gens seront secourus (par la pluie) et iront au pressoir » ;

 

c'est-à-dire qu'ils auront la pluie, l'abondance et la prospérité.

 

« [ ... ] et iront au pressoir »,

 

c'est-à-dire qu'ils presseront, comme par le passé, leur raisin, leurs olives, leurs grains de sésame et autres. Il leur montra donc ce qu'ils devraient faire en cas de disette : consommer raisonnablement et stocker les grains récoltés et les laisser dans leurs épis durant la période d'abondance qui durera sept années. Les grains laissés en épis serviront alors à faire face à la période de disette qui succèdera à celle d'abondance. Ces conseils donnés par Joseph sont une preuve évidente de la perfection de ses connaissances, de son intelligence et de la perspicacité de son jugement.

 

« Et le roi dit : "Amenez-le moi". Puis, lorsque l'émissaire arriva auprès de lui, (Joseph) dit : "Retourne auprès de ton maitre et demande-lui : "Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains ? Mon Seigneur connait bien leur ruse." Alors, (le roi leur) dit : "Qu'est-ce donc qui vous a poussées à essayer de séduire Joseph ?" Elles dirent : "A Dieu ne plaise ! Nous ne connaissons rien de mauvais contre lui". Et la femme d'al-'Aziz dit : "Maintenant la vérité s'est manifestée. C'est moi qui ai voulu le séduire. Et c'est lui, vraiment, qui est du nombre des véridiques ! Cela afin qu'il sache que je ne l'ai pas trahi en son absence, et qu'en vérité Dieu ne guide pas la ruse des traitres. Je ne m'innocente cependant pas, car l'âme est très incitatrice au mal, à moins que mon Seigneur, par miséricorde, (ne la préserve du péché). Mon Seigneur est certes Pardonneur et très Miséricordieux." » (12,50-53)

 

Informe de la science de Joseph et de la justesse de son jugement, le roi ordonna qu'on le lui amenât afin d'en faire un de ses conseillers les plus proches. Mais quand l'émissaire du roi vint le chercher, Joseph refusa de sortir de prison avant qu'on ne reconnaisse qu'il a été injustement emprisonné et qu'il était innocent de ce dont on l'avait accuse sans raison.

 

« Retourne auprès de ton maitre et demande-lui : "Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains ? Mon Seigneur connait bien leur ruse" » (12, 50).

 

Cela signifie : mon maitre al-'Aziz sait que je suis innocent de ce qu'on me reproche ; demande donc au roi d'interroger les femmes que l'épouse de mon maitre avait invitées, elles témoigneront surement que j'ai énergiquement refusé de succomber à la séduction et à la tentation malgré leur insistance. De fait, après qu'on les eut interrogées, les femmes qui s'étaient coupées les mains à la vue de Joseph, reconnurent l'innocence de celui-ci et sa chasteté.

 

« A Dieu ne plaise ! Nous ne connaissons rien de mauvais contre lui ».

 

C'est alors que la femme d'al-'Aziz, Zulaykha, dit :

 

«Maintenant la vérité s'est manifestée. C'est moi qui ai voulu le séduire. Et c'est lui, vraiment, qui est du nombre des véridiques » ;

 

c'est-a-dire qu'il n'a jamais voulu me séduire et qu'il est innocent de cette accusation; il a été emprisonné injustement et sur un faux témoignage.

 

Quant à ces paroles:

 

« Cela afin qu'il sache que je ne l'ai pas trahi en son absence, et qu'en vérité Dieu ne guide pas la ruse des traitres »,

 

on rapporte qu'elles sont de Joseph qui voulait que son maitre sache qu'il ne l'a pas trahi en son absence. On rapporte aussi qu'il s'agit des propos de Zulaykha qui voulait que son époux sache qu'il n'y avait rien eu entre elle et Joseph et qu'elle ne l'avait pas trahi. C'était une simple tentative de séduction qui n'a pas été suivie d'adultère. C'est ici l'opinion de la majorité des savants, et seuls Ibn Jarir et Ibn Abu Hatim ont privilégié la première.

 

«Je ne m'innocente cependant pas, car l'âme est très incitatrice au mal, à moins que mon Seigneur, par miséricorde, (ne la préserve du péché). Mon Seigneur est certes Pardonneur et très Miséricordieux ».

 

Ces propos sont attribués aussi bien à Joseph qu'a Zulaykha, mais le plus plausible et le plus probable est qu'ils sont de Zulaykha, mais Dieu est plus Savant.

 

« Et le roi dit : "Amenez-le moi : je me le réserve pour moi-même". Et lorsqu'il lui eut parle, il dit : "Tu es des aujourd'hui près de nous, en une position d'autorité et de confiance". Et Joseph dit : "Assigne-moi les dépôts du territoire ; je suis bon gardien et connaisseur". Ainsi avons nous affermi l'autorité de Joseph dans ce territoire et il s'y installait la où il le voulait. Nous touchons de Notre miséricorde qui Nous voulons et ne faisons pas perdre aux hommes de bien le mérite (de leurs œuvres). Et la récompense de l'au-delà est meilleure pour ceux qui ont cru et ont pratiqué la piété. » (12, 54-57)

 

Lorsque le roi fut convaincu de l'innocence de Joseph et de sa chasteté de même que de son intégrité, il dit :

 

«Amenez-le moi: je me le réserve pour moi-même» ;

 

c'est-à-dire que je vais faire de lui un de mes plus proches conseillers et un de mes ministres les plus importants. Âpres l'avoir reçu et discuté avec lui, il lui dit :

 

« Tu es dès aujourd'hui près de nous, en une position d'autorité et de confiance ».

 

Joseph lui dit :

 

« Assigne-moi les dépôts du territoire ; je suis bon gardien et connaisseur ».

 

Il lui a demande de le nommer en tant que responsable des dépôts du royaume afin qu'il puisse gérer au mieux la période qui allait succéder aux sept années d'abondance de la manière qui plait à Dieu et qui consiste a prendre en charge l'intérêt des gens et la bonne gestion de leurs affaires. Il informa aussi le roi qu'il était un bon gestionnaire et un fidèle gardien des intérêts des administrés, de même qu'un connaisseur et un spécialiste en gestion. Il y a la une preuve claire qu'il est permis de solliciter une responsabilité et un pouvoir lorsqu'on se sait intègre et compètent.

 

Ath-Tha'labi a rapporté que le roi a démis al-'Aziz de ses fonctions qu'il confia à Joseph. On rapporte aussi qu'à la mort d'al-'Aziz Joseph se maria avec Zulaykha qui lui donna deux fils : Ephraim et Manasse, et que le pouvoir de Joseph en Égypte s'affirma et se renforça, qu'il fit preuve de beaucoup de justice au point que les gens l'aimèrent.

 

On rapporte que lorsque Joseph entra au service du roi, il avait trente ans, et que le roi s'adressa à lui en soixante-dix langues différentes et que Joseph lui répondit dans chaque langue, ce qui suscita l'admiration du roi, étant donné le jeune âge de Joseph. Et Dieu est le plus Savant.

 

Dieu dit :

 

« Ainsi avons-Nous affermi l'autorité de Joseph dans ce territoire et n s'y installait la où il voulait» :

 

après la prison, la gêne et l'isolement,Joseph était désormais libre de se déplacer dans toute l'Égypte.

 

«Et il s'y installait là où il voulait »,

 

allant où il voulait, partout honoré et estimé.

 

« Nous touchons de Notre miséricorde qui Nous voulons et ne faisons pas perdre aux hommes de bien le mérite (de leurs œuvres) ».

 

C'est-a-dire que tout cela découle de la rétribution de Dieu et de Sa récompense en faveur du croyant, en plus de ce qu'Il lui réserve dans l'au-delà comme biens et belles récompenses. C'est pour cela que Dieu dit :

 

« Et la récompense de l'au-delà est meilleure pour ceux qui ont cru et ont pratiqué la piété. » (12, 57)

 

« Et les frères de Joseph vinrent et entrèrent auprès de lui. Il les reconnut, mais eux ne le reconnurent pas. Et quand il leur eut fourni leur provision, il dit : "Amenez moi un frère que vous avez de votre père. Ne voyez-vous pas que je donne la pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes ? Et si vous ne me l'amenez pas, alors il n'y aura plus de provisions pour vous chez moi, et vous ne m'approcherez plus". Ils dirent : "Nous essayerons de persuader son père. Certes, nous le ferons." Et il dit à ses serviteurs : "Remettez leurs marchandises dans leurs sacs ; peut-être les reconnaitront-ils quand ils seront de retour vers leur famille et peut-être qu'ils reviendront." » (12, 58-62)

 

Les années passèrent. Éprouvés par la disette qui avait touché aussi les peuples alentours, les frères de Joseph, sur lui le salut, se rendirent en Égypte pour se fouir en nourriture. Joseph avait, à cette époque, la charge aussi bien des affaires religieuses que temporelles. Lorsque ses frères entrèrent chez lui, il les reconnut d'emblée, alors qu'eux non. Jamais ils n'auraient d'ailleurs pu imaginer que leur frère Joseph, même s'il était reste en vie, puisse atteindre un jour une telle position et une telle puissance.

 

Dieu dit ensuite :

 

« Et quand il leur eut fourni leur provision »,

 

c'est-a-dire qu'il leur donna leurs provisions, comme il était de coutume chez eux, de donner a chacun l'équivalent de ce que porte un chameau sans rien y ajouter,

 

« il dit : "Amenez-moi un frère que vous avez de votre père" ».

 

Il les avait, certes, interrogés sur leur situation et sur leur nombre et ils lui répondirent qu'ils étaient douze hommes, l'un d'eux était parti sans jamais revenir, et l'autre était resté avec leur père. Il leur dit de ramener ce dernier avec eux l'an prochain quand ils reviendront.

 

« Ne voyez-vous pas que je donne la pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes? »,

 

c'est-à-dire: j'ai fait preuve d'hospitalité envers vous, accédez donc à mes exigences. Il voulait ainsi les encourager à ramener avec eux leur frère. Il ajouta cette menace, au cas ils ne voudraient pas satisfaire sa volonté :

 

« Et si vous ne me l'amenez pas, alors il n'y aura plus de provisions pour vous chez moi ; et vous ne m'approcherez plus ».

 

Ils répondirent :

 

« Nous essayerons de persuader son père. Certes, nous le ferons ».

 

Il ordonna ensuite à ses serviteurs de remettre les marchandises qu'ils étaient venus troquer contre de denrées alimentaires, dans leurs bagages, sans qu'ils ne s'en aperçoivent :

 

«peut-être les reconnaitront-ils quand ils seront de retour vers leur famille et peut-être qu'ils reviendront».

 

On rapporte que son dessein était de les pousser à les restituer lorsque, de retour dans leur pays, ils les découvrent. On rapporte aussi qu'il craignait qu'ils n'aient pas de quoi revenir chercher des provisions l'année d'après, c'est pourquoi il imagina ce subterfuge. On rapporte également qu'il s'est reproché de prendre d'eux des marchandises en contrepartie des provisions qu'ils étaient venus chercher.

 

Dieu dit ensuite :

 

« Et lorsqu'ils revinrent à leur père, ils dirent : "O notre père, il nous sera refuse (a l'avenir) de nous ravitailler (en grain). Envoie donc avec nous notre frère, afin que nous obtenions des provisions. Nous le surveillerons bien". II dit : "Vais-je vous le confier comme, auparavant, je vous ai confie son frère ? Mais Dieu est le meilleur gardien, et Il est Le plus Miséricordieux des miséricordieux !" Et lorsqu'ils ouvrirent leurs bagages, ils trouvèrent qu'on leur avait rendu leurs marchandises. Ils dirent: "O notre père ! Que désirons-nous (de plus)? Voici que nos marchandises nous ont été rendues. Et ainsi nous approvisionnerons notre famille, nous veillerons à la sécurité de notre frère et nous nous ajouterons la charge d'un chameau et c'est une charge facile". Il dit : "Jamais je ne l'enverrai avec vous, jusqu'à ce que vous m'apportiez l'engagement formel au nom de Dieu que vous me le ramènerez a moins que vous ne soyez cernés". Lorsqu'ils lui eurent apporté l'engagement, il dit: "Dieu est garant de ce que nous disons". Et il dit : "O mes fils, n'entrez pas par une seule porte, mais entrez par portes séparées. Je ne peux cependant vous être d'aucune utilité contre les desseins de Dieu. La décision n'appartient qu'à Dieu ; en Lui je place ma confiance. Et que ceux qui placent leur confiance la placent en Lui". Étant entrés comme leur père je leur avait commandés, (cela) ne leur servit à rien contre (les décrets) de Dieu. Ce n'était (au reste) qu'une précaution que Jacob avait jugé utile (de leur recommander). Il avait pleine connaissance de ce que Nous lui avions enseigné. Mais la plupart des gens ne savent pas. » (12, 63-68)

 

Dans ces versets, Dieu rappelle le retour des frères de Joseph vers leur père auquel ils rapportèrent les exigences du ministre du roi, qui n'était autre que leur propre frère. «

 

Il nous sera refusé (a l'avenir) de nous ravitailler (en grain) »

 

si tu ne nous laisses pas emmener avec nous notre jeune frère. Par contre, s'il vient avec nous, nous serons ravitailles.

 

« Et lorsqu'ils ouvrirent leurs bagages, ils trouvèrent qu'on leur avait rendu leurs marchandises. Ils dirent : "O notre père ! Que désirons-nous (de plus) ? Voici que nos marchandises nous ont été rendues."»

 

C'est-à-dire que demander de plus puisque même nos marchandises nous ont été restituées.

 

« Et ainsi nous approvisionnerons notre famille »,

 

c'est-a-dire que nous pourrons subvenir aux besoins de notre famille

 

« et nous veillerons à la sécurité de notre frère et nous nous ajouterons la charge d'un chameau ».

 

Dieu dit :

 

« Et c'est une charge facile » ;

 

c'est-a-dire en contrepartie du départ en Égypte avec eux du deuxième fils de Jacob. II est vrai que Jacob craignait que quelque chose n'arrive à son fils Benjamin qui lui rappelait Joseph, lui tenait compagnie et lui faisait oublier le malheur qui l'avait atteint. C'est pour cela qu'il leur dit : «

 

Jamais je ne l'enverrai avec vous, jusqu'à ce que vous m'apportiez l'engagement formel au nom de Dieu que vous me le ramènerez à moins que vous ne soyez cernés ».

 

C'est-a-dire sauf si vous êtes dans l'incapacité de le ramener pour quelque raison qui vous dépasse.

 

« Lorsqu'ils lui eurent apporté l'engagement, il dit : "Dieu est garant de ce que nous disons" ».

 

Il confirma ainsi l'engagement, consacra le pacte et prit les dispositions nécessaires pour assurer le retour de son fils chéri. Or, la précaution ne peut rien contre le destin. Et n'étaient son besoin et les besoins de son peuple de provisions, il n'aurait jamais envoyé son fils bien-aime avec ses frères. Mais les décrets divins renferment des sagesses, et le Seigneur, qu'Il soit glorifié, décrète, choisit et décide ce qu'Il veut. Il est le Sage, l'Omniscient.

 

Jacob recommanda ensuite a ses fils de ne pas entrer dans la ville par une seule porte mais par plusieurs. On rapporte qu'il voulait leur éviter d'être victimes du mauvais œil, car ils étaient beaux. C'est l'avis d'Ibn 'Abbas, Mujahid, Muhammad Ibn Ka'b, Qatada, as-Suddi et ag-Dahhak. On rapporte aussi qu'il leur a fait cette recommandation pour qu'ils aient plus de chances de retrouver leur frère Joseph. C'est l'avis d'Ibrahim an-Nakhi. Le premier avis est plus proche de la vérité. C'est pour cela qu'il a dit :

 

« Je ne peux cependant vous être d'aucune utilité contre les desseins de Dieu ».

 

Il a dit aussi :

 

«Étant entrés comme leur père le leur avait commandé, (cela) ne leur servit à rien contre (les décrets) de Dieu. Ce n'était (au reste) qu'une précaution que Jacob avait jugé (de leur recommander). II avait pleine connaissance de ce que Nous lui avions enseigné. Mais la plupart des gens ne savent pas» (12, 68).

 

Dieu dit également :

 

« Et quand ils furent entrés auprès de Joseph, (celui-ci) retint son frère auprès de lui en disant: "Je suis ton frère. Ne te chagrine donc pas pour ce qu'ils faisaient". Puis, quand il leur eut fourni leurs provisions, et mit la coupe dans le sac de son frère. Ensuite un crieur annonça : "Caravaniers ! Vous êtes des voleurs". Ils se retournèrent en disant : "Qu'avez-vous perdu?" Ils répondirent: "Nous cherchons la grande coupe du roi. La charge d'un chameau et qui l'apportera et j'en suis garant." -"Par Dieu, dirent-ils, vous savez certes que nous ne sommes pas venus pour semer la corruption sur le territoire et que nous ne sommes pas des voleurs." -"Quelle sera donc la sanction si vous êtes des menteurs !" (dirent-ils). Ils dirent : "La sanction infligée à celui dont les bagages de qui la coupe sera retrouvée est (qu'il soit livré) lui-même (à titre d'esclave à la victime du vol). C'est ainsi que nous punissons les malfaiteurs". (Joseph) commença par les sacs des autres avant celui de son frère ; puis il la fit sortir du sac de son frère. C'est ainsi que Nous rusâmes en faveur de Joseph. Car il ne pouvait pas se saisir de son frère, selon la justice du roi, à moins que Dieu ne l'eut voulu. Nous élevons en rang qui Nous voulons. Et au-dessus de tout homme détenant la science il y a un savant (plus docte que lui). Ils dirent : "S'il a commis un vol, un frère à lui auparavant a volé aussi". Mais Joseph tint sa pensée secrète, et ne la leur dévoila pas. II dit (en lui-même) : "Votre position est bien pire encore! Et Dieu connait mieux ce que vous décrivez". Ils dirent : "O al'Aziz, il a un père très vieux ; saisis-toi donc de l'un de nous, à sa place. Nous voyons que tu es vraiment du nombre des gens de bien". Il dit : "Que Dieu nous garde de prendre un autre que celui chez qui nous avons trouve notre bien! Nous serions alors vraiment injustes." » (12, 69-79)

 

Dieu parle dans ces versets de ce qui se passa lorsque les autres fils de Jacob revinrent en Égypte en compagnie de leur jeune frère Benjamin et entrèrent chez leur frère Joseph qui leur accorda l'hospitalité. Ce dernier dévoila son identité en secret à son frère Benjamin et lui demander de rien en dire à ses autres frères. Ensuite, il rusa pour garder auprès de lui Benjamin, il demanda à ses serviteurs de mettre sa grande coupe dans le sac de ce dernier. C'était la coupe dans laquelle il buvait et qui lui servait à peser la nourriture pour les gens. Ses serviteurs crièrent à l'intention des frères de Joseph que la coupe du roi a été volée et les accusèrent d'être les voleurs. La récompense de celui qui l'apportait était une charge de nourriture. Mais les frères de Joseph protestèrent contre cette accusation et dirent :

 

« Par Dieu, vous savez certes que nous ne sommes pas venus pour semer la corruption sur le territoire et que nous ne sommes pas des voleurs ».

 

Les serviteurs du roi répliquèrent alors :

 

« Quelle sera donc la sanction si vous êtes menteurs ?" Ils répondirent : "La sanction infligée à celui dont les bagages de qui la coupe sera retrouvée est: "(qu'il soit livre) lui-même (à titre d'esclave à la victime du vol). C'est ainsi que nous punissons les malfaiteurs ».

 

Selon leur loi, le voleur était livré comme esclave à sa victime ; c'est pour cela qu'ils dirent :

 

« C'est ainsi que nous punissons les malfaiteurs ».

 

Dieu dit ensuite :

 

« (Joseph) commença par les sacs des autres avant celui de son frère ; puis il y fit sortir du sac de son frère » ;

 

c'est-a-dire afin que l'accusation soit plus grave et la ruse plus subtile.

 

« C'est ainsi que Nous rusâmes en faveur de Joseph. Car il ne pouvait pas se saisir de son frère, selon la justice du roi ».

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