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Baladislam

Terre d'IslamVous guide vers le chemin de la vérité


Quelques éléments de la vie de Jacob et l'histoire de son fils Joseph, sur lui le salut par Ibn Kathir partie 4

Publié par Baladislam sur 7 Mars 2011, 23:01pm

Catégories : #Les histoires des Prophètes

Fond écran islam coran (168)

 

Si les frères de Joseph n'avaient pas reconnu que dans leur loi, le voleur doit être livré comme esclave à sa victime, Joseph n'aurait pas pu garder auprès de lui son frère, car une telle loi n'existait pas en Égypte.

 

«A moins que Dieu ne l'eut voulu. Nous élevons en rang qui Nous voulons » ;

 

c'est-a-dire dans la science.

 

« Et au-dessus de tout homme détenant la science il y a un savant plus docte que lui ».

 

Joseph était plus savant qu'eux et son jugement plus perspicace et plus clairvoyant. Seulement, il a agi ainsi sur inspiration divine. De sa démarche découla en effet beaucoup de bien et d'avantages, en particulier la venue de son père et de son clan et leur installation en Égypte.

 

Lorsque ses frères virent que la coupe du roi était dans le sac de Benjamin, ils dirent :

 

« S'il a commis un vol, un frère à lui auparavant a volé aussi ».

 

Ils parlaient ainsi de Joseph. On rapporte qu'il avait volé, alors qu'il était petit, l'idole de son oncle maternel et l'avait cassée. On rapporte aussi que sa tante paternelle lui avait mis, alors qu'il était petit, une ceinture appartenant à Isaac, entre ses habits sans qu'il le sache. Sa tante a fait cela dans le but de pouvoir l'élever, car elle l'aimait beaucoup. On rapporte également qu'il prenait de la nourriture de la maison pour la distribuer aux pauvres. D'autres explications ont été aussi avancées à ce sujet. C'est pour cela qu'ils ont dit :

 

« S'il a commis un vol, un frère à lui auparavant a vole aussi". Mais Joseph tint sa pensée secrète, et ne la leur dévoila pas ».

 

Sa réponse fut :

 

« Votre position est bien pire encore! Et Dieu connait mieux ce que vous décrivez ».

 

Il dit cela en son for intérieur et ne le divulgua pas par magnanimité, clémence et bienveillance à leur égard.

 

Ses frères sollicitèrent ensuite sa clémence et son indulgence en disant :

 

« O Puissant, il a un père très vieux ; saisis-toi donc de l'un de nous, à sa place. Nous voyons que tu es vraiment du nombre des gens bienfaisants." Il leur répondit : "Que Dieu nous garde de prendre un autre que celui chez qui nous avons trouvé notre bien! Nous serions alors vraiment injustes » ;

 

c'est-à-dire, si nous relâchions le coupable et prenions un innocent, nous serions vraiment injustes.

 

« Puis, quand ils eurent perdu tout espoir (de récupérer Benjamin) Ils se concertèrent en secret. Leur âme dit : "Ne savez-vous pas que votre père a pris de vous un engagement formel au nom de Dieu, et que déjà vous y avez manqué autrefois à propos de Joseph ? Je ne quitterai point le territoire, jusqu'à ce que mon père me le permette ou que Dieu juge en ma faveur, et Il est le Meilleur des juges. Retournez à votre père et dites : "O notre père, ton fils a volé. Et nous n'attestons que de ce que nous savons. Et nous n'étions nullement au courant de l'inconnu. Et interroge la ville où nous étions, ainsi que la caravane dans laquelle nous sommes arrivés. Nous disons réellement la vérité". Alors (Jacob) dit : "Vos âmes vous ont plutôt inspiré (d'entreprendre) quelque chose! Oh belle patience! Il se peut que Dieu me les ramène tous. Car c'est Lui l'Omniscient, le Sage". Et il se détourna d'eux et dit: "Que mon chagrin est grand pour Joseph !". Et ses yeux blanchirent d'affliction. Et il était accablé. Ils dirent : "Par Dieu ! Tu ne cesseras pas d'évoquer Joseph, jusqu'à ce que tu t'épuises ou que tu sois parmi les morts." Il dit : "Je ne me plains qu'à Dieu de mon déchirement et de mon chagrin. Et, je sais de la part de Dieu, ce que vous ne savez pas. O mes fils ! Partez et enquérez-vous de Joseph et de son frère. Et ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Ce sont seulement les gens négateurs qui désespèrent de la miséricorde de Dieu." » (12, 80-87)

 

Lorsque les frères de Joseph désespérèrent de rentrer avec leur frère, ils se mirent a se concerter entre eux.

 

« Leur ainé dit il s'agit de Ruben :

 

« Ne savez-vous pas que votre père a pris de vous un engagement formel au nom de Dieu » ;

 

c'est-à-dire que vous avez failli à votre engagement envers votre père en abandonnant votre frère comme vous avez abandonné Joseph avant lui. Et je ne peux l'affronter en ayant failli a mon engagement !

 

« Je ne quitterai point le territoire »,

 

c'est-a-dire que je resterai ici

 

«jusqu'à ce que mon père me le permette »,

 

c'est-à-dire de le rejoindre

 

«ou que Dieu juge en la faveur, et Il est le Meilleur des juges. Retournez à votre père et dites : "O notre père, ton fils a volé." »

 

C'est-à-dire informez-le de ce que vous avez vu.

 

«Et nous n'attestons que de ce que nous savons. Et nous n'étions nullement au courant de l'inconnu. Et interroge la ville où nous étions, ainsi que la caravane dans laquelle nous sommes arrivés» ;

 

c'est-à-dire que Il vol commis par notre frère et la punition qui s'ensuivit sont sur toutes les langues en Égypte, et les gens de la caravane peuvent témoigner de cela.

 

« Nous disons réellement la vérité. Alors (Jacob) dit : "Vos âmes vous ont plutôt inspiré (d'entreprendre) quelque chose... Oh quelle belle patience !" » ;

 

c'est-à-dire que les choses ne se sont pas passées comme vous le prétendez, car cela ne sied pas à la morale de Benjamin. C'est plutôt vous qui avez manigance quelque chose; et il ne me reste qu'a m'armer d'une belle patience.

 

Ibn Isilfiq ainsi que d'autres ont dit que leur abandon de Benjamin n'était que la conséquence de leur méfait contre Joseph lorsqu'ils le jetèrent dans le puits. Certains anciens pieux n'ont-ils pas dit : la récompense d'un pèche ne peut être qu'un pèche subséquent? Jacob dit ensuite :

 

« Il se peut que Dieu me les ramène tous »,

 

Joseph, Benjamin et Ruben,

 

«car c'est Lui l'Omniscient, le Sage ».

 

« Et il se détourna d'eux »,

 

c'est-à-dire qu'il cessa de discuter avec eux.

 

« Et dit : "Que mon chagrin est grand pour Joseph !" »

 

Son nouveau chagrin lui rappela l'ancien et rouvrit sa blessure.

 

« Et ses yeux blanchirent d'affliction »

 

à force de pleurer.

 

«Et il était accablé »,

 

en raison de son immense chagrin, son affliction et son désir ardent de revoir Joseph. Voyant cela, ses enfants lui dirent sur le ton de la compassion et de la pitié :

 

« Par Dieu ! Tu ne cesseras pas d'évoquer Joseph, jusqu'à ce que tu t'épuises ou que tu sois parmi les morts» (12, 85) ;

 

c'est-a-dire que tu ne cesseras pas de le mentionner jusqu'à ce que ton corps soit décharné et que tes forces s'épuisent; si tu te ménageais, ce serait mieux pour toi.

 

«Il dit : "Je ne me plains qu'a Dieu de mon déchirement et de mon chagrin. Et je sais de la part de Dieu, ce que vous ne savez pas ».

 

Il leur répondit qu'il ne se plaignait pas à eux ni à quelque autre créature de ses malheurs, mais à Dieu, son Seigneur, et qu'il savait que Dieu lui aménagerait une issue et le délivrerait, que l'ancienne vision de Joseph se réaliserait inéluctablement et qu'il se prosternerait ainsi qu'eux devant lui. C'est pour cela qu'il leur dit :

 

«Et je sais de la part de Dieu ce que vous ne savez pas ».

 

Il leur dit ensuite pour les inciter et les encourager à poursuivre les recherches pour retrouver Joseph et son frère :

 

« O mes fils ! Partez et enquérez-vous de Joseph et de son frère. Et ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Ce sont seulement les gens négateurs qui désespèrent de la miséricorde de Dieu » ;

 

c'est-à-dire : ne désespérez pas, car après l'adversité vient la délivrance, et seuls les négateurs désespèrent de la miséricorde de Dieu et de Son salut.

 

« Et lorsqu'ils s'introduisirent auprès de (Joseph), Ils dirent : "O Puissant ! La famine nous a touchés, nous et notre famille ; et nous venons avec une marchandise sans grande valeur. Donne-nous une pleine mesure, et fais-nous la charité. Certes Dieu récompense les charitables !"Il dit : "Savez-vous ce que vous avez fait de Joseph et de son frère alors que vous étiez ignorants (injustes)?" Ils dirent: "Est-ce que tu serais Joseph ?" Il dit : "Je suis Joseph, et voici mon frère. Certes, Dieu nous a favorisés. Quiconque craint et patiente ... et très certainement, Dieu ne fait pas perdre la récompense des gens de bien." Ils dirent : "Par Dieu, vraiment Dieu t'a préféré à nous et nous avons été fautifs." Il dit : "Pas de récrimination contre vous aujourd'hui ! Que Dieu vous pardonne. C'est Lui le plus Miséricordieux des miséricordieux. Emportez ma tunique que voici, et appliquez-la sur le visage de mon père ; il recouvrera (aussitôt) la vue. Et amenez-moi toute votre famille. » (12, 88-93)

 

De retour en Égypte auprès de Joseph, ses frères lui demandèrent de les approvisionner et de faire preuve de charité en libérant Benjamin.

 

« Et lorsqu'ils s'introduisirent auprès de (Joseph), ils dirent : "O Puissant! La famine nous a touchés, nous et notre famille" »,

 

c'est-à-dire que la sècheresse nous a fait beaucoup de tort et nous a amené la famine ;

 

« et nous venons avec une marchandise sans grande valeur »,

 

c'est-a-dire insignifiante à qui personne n'accorde de valeur, sauf si l'on veut nous faire une faveur. On rapporte qu'il s'agissait de quelques dirhams de mauvaise qualité ; on rapporte aussi qu'il s'agissait de pignons et de pistaches notamment.

 

« Donne-nous une pleine mesure, et fais-nous la charité. Certes, Dieu récompense les charitables ! »,

 

c'est-à-dire, selon as-Suddi : fais-nous la charité en acceptant notre marchandise qui n'est pas de grande valeur, ou, selon Ibn Jurayj, en rendant sa liberté à notre frère.

 

Joseph prit en pitié ses frères dans leur pauvrette et il leur révéla son identité. On rapporte qu'il leur montra sur son front des signes par lesquels ils le reconnaissaient.

 

« Savez-vous ce que vous avez fait de Joseph et de son frère alors que vous étiez ignorants (injustes) ? Ils dirent -étonnés de ne pas avoir reconnu leur propre frère -: "Est-ce que tu serais Joseph ?" Il dit : "Je suis Joseph, et voici mon frère." »

 

C'est-a-dire, je suis Joseph que vous avez abandonné et maltraité ; « et voici mon frère », qui est une confirmation de ce qu'ils leur avaient fait par jalousie et en recourant à la ruse. C'est pour cela qu'il leur dit :

 

« Certes, Dieu nous a favorisés »,

 

c'est-à-dire par Sa bienfaisance envers nous et Ses faveurs à notre égard en veillant sur nous, car nous nous sommes montrés obéissants à son égard, mais aussi parce que nous avons fait preuve de patience face à vos méfaits. C'est aussi parce que notre amour pour notre père est immense et qu'il a beaucoup de pitié pour nous.

 

« Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Dieu ne fait pas perdre la récompense des bienfaiteurs". ils dirent : "Par Dieu ! Vraiment Dieu t'a préféré à nous et nous avons été fautifs" »,

 

c'est-à-dire en te faisant ce que nous avons fait; et voila que nous sommes maintenant à ta merci.

 

« Il dit : "Pas de récrimination contre vous aujourd'hui !" » ;

 

c'est-à-dire: je ne vous punirai pas pour ce que vous m'avez fait jadis ; et, pour les rassurer, il leur dit :

 

« Que Dieu vous pardonne. C'est Lui le plus Miséricordieux des miséricordieux ».

 

II leur demanda ensuite d'emporter avec eux sa tunique, celle qu'il portait directement sur la peau, et de la poser sur les yeux de son père ; cela lui rendra aussitôt la vue, leur dit-il.

 

Cela fait partie des grands miracles et des preuves de la Prophétie de Joseph. Il leur ordonna ensuite de ramener toute leur famille en Égypte où règne la prospérité et où ils seront réunis à nouveau après des années de séparation.

 

« Et dès que la caravane franchit la frontière (de Canaan), leur père dit : "Je décèle, certes, l'odeur de Joseph, mémé si vous dites que je radote". ils lui dirent : "Par Dieu te voila bien dans ton ancien égarement". Puis quand arriva le porteur de bonne annonce, il l'appliqua (la tunique) sur le visage de Jacob. Celui-ci recouvra (aussitôt) la vue, et dit : "Ne vous ai-je pas dit que je sais, par Dieu, ce que vous ne savez pas ?" ils dirent : "O notre père, implore pour nous la rémission de nos péchés. Nous étions vraiment fautifs". Il dit : "J'implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur. Car c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux." » (12, 94-98)

 

'Abdurrazzaq a rapporte qu'Ibn 'Abbas a dit à propos de ce verset :

 

« Et dès que la caravane franchit la frontière » :

 

«Lorsque la caravane quitta l'Égypte, un vent se leva et transporta vers Jacob l'odeur de la tunique de Joseph ».

 

« Leur père dit : "Je décèle, certes, l'odeur de Joseph, même si vous dites que je radote." »

 

Ibn 'Abbas a dit : « Il sentit son odeur à une distance de huit jours ». C'est ainsi que l'ont rapporté ath-Thawrl et Shu'ba et d'autres d'après Abû Sinan, Al Hasan al-Basri et Ibn Jurayj al-Makki ont dit, eux, que la distance était de huit lieues. Ils ont ajouté que Jacob avait alors quatre-vingt ans.

 

Quant à cette parole:

 

«même si vous dites que je radote »,

 

cela veut dire même si vous pensez que je parle ainsi sous l'effet de la sénilité. Ibn 'Abbas, Mujahid, Sa'id Ibn Jubayr et Qatada ont traduit« radoter» par « faire preuve de stupidité » ; Qatada et As-Suddi ont dit que cela veut dire la décrépitude.

 

« Ils dirent : "Par Dieu, te voila bien dans ton ancien égarement." »

 

Qatada et as-Suddi ont estimé qu'ils lui ont dit des paroles très dures.

 

Dieu dit :

 

« Puis quand arriva le porteur de bonne annonce, il l'appliqua (la tunique) sur le visage de Jacob. Celui-ci recouvra aussitôt la vue". II dit alors a ses fils : "Ne vous ai-je pas dit que je sais, par Dieu, ce que vous ne savez pas ?" »

 

C'est-à-dire : je savais que Dieu me ferait réunir avec Joseph et que mes yeux se réjouiraient de sa vue et qu'Il me fera voir, de sa part, ce qui me rendra fier et satisfait. C'est alors qu'ils dirent :

 

« O notre père, implore pour nous la rémission de nos péchés. Nous étions vraiment fautifs ».

 

Ils lui demandèrent d'invoquer pour eux le pardon de Dieu pour s'être très mal comportés envers lui et Joseph. Et c'est parce qu'ils avaient nourri l'intention de se repentir de leur acte avant même de le perpétrer, que Dieu les guida sur le chemin du repentir. Leur père accepta d'invoquer Dieu en leur faveur en leur disant :

 

«J'implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur, car c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux ».

 

Dieu dit :

 

« Lorsqu'ils s'introduisirent auprès de Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère et leur dit : "Entrez en Égypte, en toute sécurité, si Dieu le veut !".Et il éleva ses parents sur le trône et tous tombèrent devant lui, prosternés. Et il dit : "O mon père, voila l'interprétation de mon rêve de jadis. Dieu l'a bel et bien réalisé... Et Il m'a certainement fait du bien quand Il m'a fait sortir de prison et qu'Il vous a fait venir de la campagne, (du désert), après que le diable ait suscité la discorde entre mes frères et moi. Mon Seigneur est Plein de douceur pour ce qu'Il veut. Et c'est Lui l'Omniscient, le Sage. Mon Seigneur, Tu m'as donné du pouvoir et m'as enseigné l'interpretation des rêves. (C'est Toi Le) Créateur des Cieux et de la Terre. Tu es mon Patron, ici-bas et dans l'au-delà Fais-moi mourir en parfaite soumission et fais-moi rejoindre les vertueux." » (12, 99-101)

 

Dieu rappelle les retrouvailles des bien-aimés après une longue période de séparation qui dura, selon aI-Hasan, quatre-vingt ou quatre-vingt-trois ans, et, selon Qatada, trente-cinq ans. Quant à Muhammad Ibn Ishaq, il a dit que cette période est estimée à dix-huit ans. Il a ajouté que les gens du Livre prétendent que Joseph fut séparé de son père pendant quarante ans. Le contexte du récit nous indique que cette période est approximative. En effet, la femme a essayé de le séduire alors qu'il avait dix-sept ans, selon plusieurs récits ; il resta en prison quelques années -sept selon 'Ikrima et d'autres. Il y eut alors les sept années d'abondance suivies de sept autres de disette ; ses dix frères vinrent la première année de disette puis ils prirent leur frère Benjamin la deuxième année. Au cours de la troisième année, Joseph leur révéla son identité et leur demanda de ramener leur famille, ce qu'ils firent :

 

« Lorsqu'ils s'introduisirent auprès de Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère ».

 

C'est-à-dire qu'il s'est réuni avec eux, à l'exception des autres.

 

« Il leur dit : "Entrez en Égypte, en toute sécurité, si Dieu veut ! »

 

On a dit que cette dernière partie du verset relate un fait antérieur à celui rapporté au début du même verset. On rapporte aussi qu'il les avait accueillis et leur avait offert l'hospitalité dans un camp de tentes et, lorsqu'ils s'approchèrent de la porte d'Égypte, il leur dit :

 

« Entrez en Égypte, en toute sécurité, si Dieu le veut ».

 

Certains exégètes ont dit que lorsque la caravane de Jacob s'approcha d'Égypte, Joseph voulut les accueillir ; le roi et ses soldats sortirent alors avec lui pour être au service de Joseph et aussi par respect pour Jacob, le Prophète de Dieu. On rapporte aussi que Jacob fit une invocation en faveur du roi d'Égypte et que Dieu soulagea l'Égypte du reste des années de disette.

 

Ath-Tha'labi a rapporté que pendant toute la durée des années de disette, Joseph n'a jamais mangé a sa faim, afin de ne pas oublier l'affamé ; il ne mangeait qu'un peu de nourriture en milieu de journée. Les rois, ajoute-il, ont imité son geste, depuis ce jour. Lors de la période de sècheresse endurée par les musulmans sous le califat de 'Umar Ibn al-Khattab, ce dernier ne mangea plus à sa faim jusqu'à la fin de cette période.

 

Après avoir vu que Dieu avait parachevé Ses bienfaits sur lui et que sa famille était de nouveau réunie, Joseph sut que cette demeure terrestre était éphémère et que tout ce qu'il y avait sur elle était périssable. Après l'achèvement, il n'y avait que la régression. Cela étant, il loua son Seigneur comme il sied à Sa majesté et à Sa gloire et reconnut Sa bienfaisance sans égale. Il lui demanda donc de le faire mourir, lorsque son heure viendrait, toujours fidèle à la foi de l'Islam (la soumission à Dieu) et de le faire rejoindre Ses serviteurs vertueux. Et c'est ainsi que l'on dit dans l'invocation : « Mon Dieu, fais nous vivre en tant que musulmans et fais-nous mourir en tant que musulmans ». II est probable qu'il ait fait cette invocation lorsqu'il fut à l'article de la mort.

 

Ibn Ishaq a rapporte d'après les gens du Livre que Jacob demeura en terre d'Égypte, chez Joseph, durant dix-sept années, avant de décéder. Il recommanda à Joseph de l'enterrer auprès de ses pères Abraham et Isaac. As-Suddi a dit : «Il l'embauma et l'emmena en Palestine où il l'enterra dans la grotte où étaient enterrés son père Isaac et son grand-père Abraham. »

 

Les gens du Livre disent aussi que lorsque Jacob mourut, les gens d'Égypte le pleurèrent pendant soixante-dix jours. Joseph avait ordonné aux médecins de l'embaumer et il resta ainsi pendant quarante jours. Ensuite, il demanda au roi la permission d'emmener la dépouille de son père en Palestine pour l'y enterrer avec les membres de sa famille. Il reçut la permission et sortit d'Égypte, accompagné des plus grands dignitaires du pays. Arrives à Hebron, ils l'enterrèrent dans la grotte qu'avait achetée Abraham d'Ephron fils de Cohar le Hittite. Ils l'y enterrèrent donc et lui firent une cérémonie de deuil qui dura sept jours. Ils revinrent ensuite dans leur pays où les frères de Joseph le consolèrent et firent preuve d'une grande compassion a son égard. Joseph garda avec lui ses frères qu'il honora et traita avec beaucoup de considération.

 

Ce fut ensuite au tour de Joseph de partir vers l'au-delà. Peu de temps avant sa mort, il recommanda à ses frères de l'emmener, s'ils venaient un jour à quitter l'Égypte, et de l'enterrer auprès de ses pères. Ils l'embaumerent donc et le mirent dans un cercueil ou il resta en Égypte, jusqu'à ce que Moïse, sur lui le salut, l'emmena avec lui en Palestine et le fit enterrer avec ses pères comme nous le verrons plus loin.

 

Ils ont dit qu'il est mort à I' age de cent dix ans. C'est là leur version comme je l'ai constaté moi-même et comme l'a aussi rapporté Ibn Jarir. Mubarak Ibn Fugala a rapporté d'après aI-Hasan que Joseph a été jeté dans le puits alors qu'il avait dix-sept ans, il fut séparé de son père pendant quatre-vingt ans et vécut après cela vingt-trois ans. II mourut donc à l'age de cent vingt ans. Certains autres exégètes ont dit qu'il laissa des recommandations a son frère Juda, sur lui le salut, ainsi que sur tous les autres Prophètes.

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